Des millions de personnes menacées par la faim au Sahel

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La situation est de nouveau urgente au Sahel, dans la partie nord de l’Afrique, alors que des millions de personnes sont confrontées à un manque « critique » de nourriture et de moyens de subsistance vitaux, ont dénoncé lundi les Nations unies, qui déplore que le nombre de gens touchés par cette crise alimentaire a augmenté depuis un an, entre autres en raison de l’insécurité et de l’impact des changements climatiques.

Selon les dernières analyses du Cadre harmonisé sur la sécurité alimentaire et malgré une production agricole globalement satisfaisante, 3,3 millions de personnes ont besoin d’une assistance immédiate dans le centre du Sahel, indiquent l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) et le Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM) dans un communiqué conjoint repris par l’ONU.

Au total, jusqu’à 4,8 millions de personnes pourraient risquer de vivre de l’insécurité alimentaire pendant la période allant juin à août de cette année si des mesures d’urgence ne sont pas adoptées rapidement, plaident les agences internationales.

Plus largement, l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest est menacée par les problèmes en approvisionnement alimentaire, que ceux-ci aient une origine humaine ou environnementale; plus de 14 millions de personnes pourraient ainsi ne pas manger à leur faim, ou pire encore.

La situation est particulièrement préoccupante au Burkina Faso, au Mali et au Niger, soutiennent les agences internationales, alors que les conflits guerriers ont un impact négatif direct sur la capacité des populations à subvenir à leurs besoins.

« Les trois pays connaissent une augmentation du nombre d’incidents de sécurité, notamment des attaques de groupes armés et des conflits communautaires qui entraînent fréquemment des mouvements de population », peut-on lire dans le communiqué.

Au Burkina Faso, d’ailleurs, le nombre de déplacés à l’intérieur des frontières est passé de 90 000 à plus de 560 000 en moins d’un an, soit une multiplication par six des gens forcés de fuir leur domicile en raison des violences.

Cette situation est exacerbée par les conflits armés et communautaires, le vol et le banditisme, qui perturbent la mobilité des troupeaux d’animaux, l’accès au fourrage et aux ressources en eau. Elle conduit également à une concentration d’animaux dans certaines zones plus sécurisées, avec le risque d’aggraver les conflits agriculteurs-éleveurs, déplorent les agences humanitaires.

« À moins que nous ne nous attaquions à ces crises à leurs racines, des millions d’éleveurs et d’agropasteurs continueront d’avoir besoin d’une assistance urgente chaque année, comme c’était le cas en 2019 et comme ce sera le cas en 2020 », a déclaré Robert Guei, coordonnateur sous-régional de la FAO pour l’Afrique de l’Ouest.


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