29 milliards pour éviter le pire, réclame l’ONU

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Le temps presse pour venir en aide à 168 millions de personnes touchées non seulement pas les changements climatiques, mais aussi par les nombreux conflits qui déchirent la planète, soutient l’Organisation des Nations unies.

Pour atteindre ses objectifs en matière d’aide humanitaire, l’ONU fait appel aux différents pays, entreprises et donateurs de la planète pour récolter la somme de 29 milliards de dollars.

Dans un rapport intitulé Global Humanitarian Overview publié mardi, l’organisation internationale précise que les besoins en matière d’aide humanitaire augmentent en raison « de conflits plus longs et plus intenses ». Outre cet état de fait, les situations extrêmes liées au changement climatique ou encore les économies en recul dans un certain nombre de pays expliquent cette augmentation, précise-t-on dans des propos repris par la suite sur le site web de l’ONU.

« Plus de personnes ont été touchées par les conflits et plus de personnes ont été affectées par les événements liés aux changements climatiques que ce que nous avions prévu », a ainsi avancé Mark Lowcok, le grand responsable des affaires humanitaires des Nations unies.

De fait, dit M. Lowcok, « 2020 sera difficile pour des millions de personnes ».

« Parmi les principales situations sur lesquelles l’ONU et ses partenaires seront actifs, le conflit au Yémen reste la pire crise humanitaire avec près de 25 millions de personnes dans le besoin. Mais celui en Syrie est de son côté celui qui demande le plus de financement, avec 3,3 milliards de dollars pour 11 millions de personnes à aider », mentionne l’organisation.

C’est par contre au Venezuela que les besoins ont augmenté le plus rapidement; l’ONU demande ainsi 750 millions de dollars pour donner un coup de pouce à 3,4 millions de personnes touchées par la crise économique et politique qui se poursuit dans ce pays d’Amérique du Sud, en plus de 1,35 milliard pour soutenir les 3,8 millions de Vénézuéliens qui ont trouvé refuge dans les pays voisins.

Une Afrique menacée

Si certains pays du Moyen-Orient (l’Irak ne nécessitera « que » 520 millions pour aider 4,1 millions de personnes) auront besoin d’une aide moins importante, comme c’est le cas en Afrique du Nord (110 millions sont réclamés pour la Libye), les sommes dont auront besoin le Soudan du Sud (1,5 milliard pour aider 7,5 millions de personnes) demeurent conséquentes, tout comme les 732 millions demandés pour l’Afghanistan, plus à l’est, histoire de subvenir aux besoins humanitaires de 9,4 millions de citoyens.

En Afrique Centrale, cependant, c’est surtout le cas de la République démocratique du Congo (RDC) qui retient l’attention. Pourtant une puissance économique et politique régionale, la RDC, tiraillée par les conflits sectaires et les attaques de milices et autres groupes terroristes, particulièrement dans le Nord Kivu riche en minerais de toutes sortes, aura besoin de 1,8 milliard pour aider quelque 16 millions de personnes dans le besoin, plaide l’ONU. À cela, il faudra ajouter 604 millions pour prendre soin des réfugiés congolais installés dans les pays voisins, après avoir été contraints à l’exil par les combats et autres catastrophes.

Malgré l’importance de la somme réclamée par l’ONU, ces 29 milliards sont toutefois légèrement inférieurs aux prévisions de 30 milliards effectuées par les Nations unies et ses nombreux partenaires.

Ainsi, parmi les agences onusiennes, le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) a dévoilé un appel record de plus de 4 milliards de dollars pour aider 59 millions d’enfants dans 64 pays.

« Le nombre d’enfants déracinés, forcés de quitter leur foyer et ayant un besoin urgent de protection et de soutien atteint un triste record historique », a fait valoir dans un communiqué la directrice exécutive de l’UNICEF, Henrietta Fore.


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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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