Green Hell: l’enfer, c’est les autres

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Serez-vous en mesure de survivre dans la jungle amazonienne? Le studio Creepy Jar parachute le joueur dans un enfer vert avec Green Hell, un titre à juste titre classé dans la catégorie « survie » pour l’instant disponible en accès anticipé sur la plateforme Steam.

Les jeux de survie se suivent et se ressemblent largement, avec leur méthode consistant à ramasser des ressources qui permettent de créer des outils, qui permettent à leur tour de ramasser davantage de ressources, et ainsi de suite… Sans oublier les nombreux indicateurs à surveiller! On n’aurait probablement pas de plaisir s’il ne fallait pas constamment courir partout pour boire de l’eau, surveiller sa santé et manger des aliments plus ou moins comestibles.

L’idée de Green Hell est pourtant intéressante, et les développeurs de Creepy Jar ont certainement cherché à développer le concept de base de ce genre de jeu pour offrir quelque chose de nouveau au joueur: oui, l’objectif est toujours de survivre aux horreurs de la jungle, mais une fois que l’on saisit les notions principales, on constate que l’environnement est particulièrement bien pensé. Végétation luxuriante et diversifiée, animaux, oiseaux, insectes, « recettes » à découvrir… Les possibilités sont particulièrement nombreuses.

Trop complexe pour son propre bien

Le problème, comme cela se produit bien souvent dans des jeux qui désirent se démarquer, est que les développeurs ont péché par surplus d’ambition. Bien des choses, dans Green Hell, sont inutilement compliquées. Pour allumer un feu, plutôt que de simplement amasser les ingrédients nécessaires, ce qui nécessite déjà plusieurs manipulations et la cueillette de ressources, il faut plutôt placer un « plan » de feu de camp, y ajouter les brindilles et bouts de bois nécessaires, puis ajouter des feuilles sèches – et pas question d’en ramasser directement par terre, même si la jungle est recouverte d’un tapis de ces mêmes feuilles. Pas question, non plus, de prendre des feuilles vertes « ordinaires »! -, avant de créer ce qui est en fait le système permettant de produire un début de flammes en frottant deux morceaux de bois l’un contre l’autre. Et une fois tout cela accompli, il faudra encore cliquer et utiliser la souris pour imiter le gestes consistant à frotter lesdits bouts de bois… On comprend que les développeurs ont voulu être les plus « réalistes » possible, mais à trop vouloir en faire, on se lasse facilement.

Idem pour le début du mode histoire, qui est accolé au mode survie dans la version test, puisque le jeu n’est pas encore complet. Les débuts de l’aventure, donc, servent de tutoriel pour notre aventurier en herbe. Mais après avoir passé 10 minutes à se battre dans la myriade de menus mal pensés pour allumer un feu, on a jeté l’éponge lorsque le jeu n’a pas cessé de nous intimer de « manger quelque chose de nutritif », et ce même après avoir avalé la moitié des provisions disponibles dans la zone de départ, et après avoir cueilli quelques bananes.

Soit, le tutoriel est mal pensé. Mais qu’en est-il du mode survie comme tel? Il y a des hauts… Et surtout des bas. Si l’on comprend rapidement qu’utiliser deux pierres ensemble permet de créer un coutelas (pourquoi ne peut-on pas ramasser des feuilles et casser de petits arbres à mains nues?) qui donnera l’occasion de progresser légèrement, on se retrouve exactement dans la position que l’on craignait en lançant le titre: nos fameux indicateurs tombent dans le rouge à vitesse grand V. Oh, vous avez soif et vous buvez de l’eau de ce torrent? Félicitations, vous avez maintenant des parasites dans l’estomac, et vous allez lentement mourir dans d’atroces souffrances. Même chose pour les serpents à sonnette qui mordent extrêmement rapidement, vous empoisonnant aussitôt, ou encore les tiques, fourmis, sangsues, scorpions et autres joyeuseté qui vous tuent en un clin d’oeil.

Et quelle ne fut pas notre surprise, lors d’une autre partie test, de constater que le lieuj de départ de notre aventure se trouvait à quelques mètres seulement d’un groupe d’indigènes; indigènes qui, alertés par notre présence, nous dépecèrent en quelques instants.

Non, franchement, ce Green Hell a de bonnes intentions, mais l’exécution laisse plus que sérieusement à désirer. Chapeau pour l’aspect visuel, toutefois! Mais autrement, on préférera rester bien au chaud et au sec dans notre maison occidentale.

Green Hell

Éditeur/développeur: Creepy Jar

Plateforme: Windows

Jeu disponible en français (texte et interface seulement)


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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

Un commentaire

  1. Avatar

    Pour la partie « manger quelque chose de nutritif » il s’agit de manger quelque chose qui permette de remonter tous les indicateurs. Il suffit d’aller dans la tante et de manger quelques barres proteinées.. (j’ai galéré aussi ^^).
    Perso j’attends le mode histoire avec impatience je pense vraiment que ça peut donner quelque chose de prenant.

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