Présence autochtone – Se reprendre en main au Manitoba

1

Avec le documentaire Le chemin de la guérison (2017) projeté dans le cadre du festival Présence autochtone se déroulant du 7 au 15 août, la cinéaste abénaquise Alanis Obomsawin présente un tour d’horizon des moyens pris par les Autochtones du Manitoba pour réorganiser leur communauté.

À Norway House, située à moins de 500 km au nord de Winnipeg, la communauté crie gravite autour de leur nouvelle école reconstruite pour accueillir les jeunes de la garderie à la douzième année. La cinéaste ne nous montre pas un enchaînement logique séquence par séquence, elle nous assoit dans une classe à travers les enfants qui apprennent des mots autochtones ou dans un cours de musique parmi les violonistes en herbe. Pour nous éclairer sur les particularités de ce système d’éducation qui intègre la culture autochtone, elle ajoute des extraits d’entrevue avec la directrice.

Auparavant, plus les années avançaient et moins de jeunes venaient à l’école. Pour remédier à l’absentéisme et au décrochage scolaire, un effort est mis pour établir une connexion avec les élèves qui complète désormais leur primaire et leur secondaire dans la même bâtisse. À la fin de leur curriculum, l’institution prévoit un cours d’études autochtones impliquant diverses activités en plein air, dont un séjour en canot-camping. Il est important de ne pas occulter leur histoire, que ces jeunes connaissent les différents traités que leurs ancêtres ont signés.

De déplacements en canot au milieu de la forêt en portages sur billots de bois, la cinéaste nous introduit à un témoignage d’un ex-membre de gang de rue qui avait sombré dans la criminalité pour marcher dans les pas de son père. Aujourd’hui, il est lui-même père et a laissé l’ombre du sien pour ces séjours dans la nature où il renoue avec ses racines.

À l’aide d’images d’archives, la cinéaste remonte dans le temps afin d’expliquer l’intimidation que les générations antérieures ont vécue pour avoir accès à l’éducation. Ces enfants autochtones devaient quitter leur famille et leur communauté pour résider dans un pensionnat. Leur rejet par les autres élèves ne faisait qu’aggraver l’éloignement avec leurs proches.

Couvrant l’événement autour des York boats, ces grandes barques qui servaient à transporter les marchandises de la ville de Vancouver à la Baie d’Hudson, la cinéaste aborde l’aspect cérémoniel dont le danse du soleil interdit par le gouvernement canadien à une certaine époque. Parler la langue et se réunir lors des cérémonies sont les fondements de cette communauté.

Errance encourageante.


En complément:

Dog Days, le film à l’odeur de chien mouillé

Partagez

À propos du journaliste

René-Maxime Parent

Rédacteur en chef de la section Société, René-Maxime Parent s’est joint à Pieuvre.ca en 2014. Sa couverture de l’actualité internationale se partage entre l’Amérique latine et la Scandinavie. Son intérêt pour les arts visuels, le cinéma et l’architecture le conduit à parcourir la métropole québécoise régulièrement.

Un commentaire

  1. Pingback: Mile 22: à cent à l’heure

Répondre