L’effet monstre de Rampage

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Est-il possible de s’inspirer d’un jeu vidéo de 1986 dont la prémisse était à peine plus évoluée que celle de Tetris pour créer un blockbuster estival? C’est le défi auquel s’attaque le réalisateur Brad Peyton avec son adaptation de Rampage pour le grand écran.

Bien qu’elle permette aux scientifiques de traiter des maladies incurables en s’adonnant à des manipulations génétiques, la technologie CRISPR fût interdite en 2016, ce qui n’a pas empêché la vilaine corporation Energyne de continuer ses travaux dans l’espace, mais lorsque le satellite contenant leur expérience s’écrase sur Terre et que leur pathogène se propage dans la nature, les animaux contaminés se mettent à grossir jusqu’à atteindre des tailles colossales, en plus d’afficher une agressivité sans précédent. Alors qu’une série de ces monstres converge vers Chicago, la seule personne qui semble capable de les stopper est Davis Okoye, un spécialiste des primates dont le gorille albinos a également été atteint par le virus.

La pochette du boîtier

Comme bon nombre d’adolescents, j’ai engouffré des tonnes de vingt-cinq sous dans la borne d’arcade de Rampage en 1986, mais étant donné la minceur de sa prémisse, qui consistait à choisir l’un des trois monstres disponibles pour pulvériser des gratte-ciels dans une métropole peuplée, j’étais un peu sceptique quant à une adaptation cinématographique. Pourtant, en s’associant de nouveau à Dwayne Johnson (et en étoffant un peu le scénario), le réalisateur Brad Peyton (à qui l’on doit San Andreas) livre un long-métrage s’inscrivant dans la plus pure tradition des films de monstres, avec une touche de King Kong, de Jaws, et de Godzilla.

Les films de monstres fonctionnent surtout lorsqu’ils font preuve d’un bon sens de l’humour et de l’autodérision, et sans être dénué de moments drôles, Rampage n’est pas aussi amusant qu’il aurait pu l’être. Dans une tentative maladroite pour ajouter une dimension émotive à l’intrigue, les scénaristes ont accordé un peu trop d’importance à la relation entre le personnage de Davis Okoye et son gorille albinos, mais la pire erreur du long-métrage est surtout de ne pas viser le bon public : tandis que les gens qui ont connu l’époque des arcades sont majeurs et vaccinés depuis belle lurette, le long-métrage utilise un humour très adolescent, illustré par les nombreux doigts d’honneur que fera le gorille, et les gros mots sont censurés.

Image tirée du film

Bien qu’il ne soit pas un comédien de formation, on ne peut nier le naturel à l’écran et le charisme de Dwayne Johnson, mais malheureusement son registre de jeu n’est pas très vaste, et tous les personnages qu’il interprète finissent par se ressembler. En comparaison, il est dommage qu’un acteur de la trempe de Jeffrey Dean Morgan (Watchmen, The Walking Dead) soit cantonné dans un petit rôle secondaire d’agent gouvernemental. On peut brièvement voir Joe Manganiello (True Blood) dans la peau d’un autre mâle alpha, et Naomie Harris (la nouvelle Moneypenny de la franchise James Bond) occupe le seul rôle féminin substantiel du film.

Les monstres sont les véritables vedettes de Rampage, et en termes d’effets spéciaux, le film de Brad Peyton ne déçoit pas. La technologie fait de véritables miracles de nos jours, et les animaux gigantesques en image de synthèse sont incroyablement réalistes, des poils flottant au vent à la texture de la peau, sans oublier la destruction à grande échelle de la ville de Chicago, qui est absolument spectaculaire. Respectant à la lettre le matériel original, on retrouve les trois créatures du jeu, soit le gorille géant, le loup volant de trente pieds, et l’alligator aux allures de dinosaures, et on peut même apercevoir la borne d’arcade en arrière-plan dans l’une des scènes du début.

Image tirée du film

L’édition Combo Pack de Rampage contient le long-métrage sur Blu-ray et DVD, et s’accompagne d’un code pour télécharger une copie numérique. On retrouve une bonne quantité de matériel supplémentaire. Cinq revuettes d’une dizaine de minutes chacune nous entraînent dans les coulisses du film, de la création des monstres aux effets spéciaux, en passant par les défis rencontrés par les acteurs ou les motivations de la production pour adapter le jeu vidéo au grand écran. Huit scènes inédites et un montage des décrochages les plus drôles survenus sur le plateau complètent le menu.

Sans être aussi amusant que Lake Placid ou Big Ass Spider, Rampage est un divertissement léger, qui satisfera tous les amateurs de films de monstres, ainsi que ceux du jeu vidéo de 1986.

6.5/10

Rampage

Réalisation : Brad Peyton

Scénario : Ryan Engle, Carlton Cuse, Ryan J. Condal et Adam Sztykiel

Avec : Dwayne Johnson, Noamie Harris, Jeffrey Dean Morgan, Jake Lacy et Joe Manganiello

Durée : 107 minutes

Format : Combo Pack

Langue : Anglais, français et portugais


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À propos du journaliste

Patrick Robert

Cinéma, musique, jeux vidéo ou bandes-dessinées, Patrick partage sa passion pour la culture populaire depuis plusieurs années à travers les critiques, les entrevues, ou les textes d’actualité qu’il signe pour de nombreux médias, parmi lesquels le blogue de Ztélé, La Vitrine, Le Coin du DVD, et évidemment, Pieuvre.ca.

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