Velvet Noise et la musique qui donne le vertige

0

Le nouveau disque du trio montréalais Velvet Noise, Vertigo, est bon. Le mot ne dit rien; il dit tout. Lancé il y a un peu plus d’une semaine, ce disque court – doit-on dire long jeu, comme à l’âge d’or des vinyles? Doit-on plutôt parler de disque, tout simplement? – évoque la beauté, la douceur, mais aussi une certaine mélancolie.

Dès les premières notes, le mélomane est transporté. Dans le communiqué de presse, on compare Velvet Noise, qui signe ici son deuxième EP, à Snow Patrol, Mutemath, Half Moon Run, ou encore Radiohead. C’est d’ailleurs Radiohead qui vient immédiatement en tête dès les premières mesures d’I Wonder, pièce inaugurale de ce nouvel effort musical. La batterie, réservée mais bien présente, se marie tout à fait bien à la guitare chaude, envoûtante, un peu audacieuse. Ces sons, ce sont ceux de Radiohead, un peu époque The Bends, ou encore (un peu), le plus récent disque du groupe britannique.

Un début d’album qui augure fort bien, peut-on donc affirmer sans peine. À la voix (et à la guitare), Vanessa Ayotte séduit facilement. Oh, elle chante en anglais, mais sommes-nous vraiment toujours coincés à cette époque où il était bon de casser du sucre sur le dos des artistes d’ici chantant dans la voix de Shakespeare?

À ses côtés, Philippe Rose et Keven Juneau sont tout aussi intéressants; la trame musicale qui accompagne notre voyage avec le trio est à la fois mesurée et un brin irrévérencieuse. Avec, si l’on veut, une petite surprise qui nous attend parfois au détour. Comme cette troisième piste, Stop, qui évoque non plus Radiohead, mais plutôt Archive, autre groupe britannique à la musique contemplative et envoûtante. Sans glisser vers le shoegaze, la musique de Velvet Noise se fait alors plus éthérée, plus obsédante.

Bien entendu, Vertigo demeure un EP; cinq pistes en tout et pour tout, c’est bien souvent peu pour satisfaire à nos envies de décollage, combler notre besoin de s’échapper temporairement de nos corps pour se permettre de rêver. On en voudrait plus. Plus de pièces, plus de cette voix qui caresse, de cette musique qui accompagne doucement, de cet ensemble qui surprend plus qu’agréablement. En espérant un album complet, on se rabattra sur le premier EP, ou on ira plus directement appuyer sur la touche «Marche» de notre lecteur une fois l’intégralité de Vertigo écoulée par les hauts-parleurs.


En complément:

Combattre la grisaille avec Les Royal Pickles

Partagez

À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

Répondre