Combattre des robots géants, les deux pieds bien campés à Montréal

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Dans l’habitacle confiné de votre robot de combat, tout va trop vite. Sur l’écran radar, l’ennemi se rapproche. Soudain, une volée de missiles plonge vers vous; les mains agrippant fermement les contrôles, vous réussissez à esquiver la salve meurtrière. Heureusement, le champ de bataille est virtuel, et le cockpit se trouve en fait dans les bureaux de Hangar 51, un lieu destiné aux nostalgiques et amateurs de réalité virtuelle.

Il faut parler de nostalgie, en effet, car les simulateurs que l’on trouve dans les locaux du Hangar 51, installés boulevard Saint-Laurent, tout juste avant le viaduc Van-Horne, effectuent en fait leur retour à Montréal, après plusieurs années passés dans des entrepôts. Il y a une vingtaine d’années, une entreprise appelée Monde virtuel ouvrait ses portes au Complexe Desjardins en proposant un ensemble de jeux multijoueurs, y compris un champ de bataille virtuel recréant l’univers de BattleTech, où les gigantesques robots armés jusqu’aux dents s’entre-détruisaient à qui mieux-mieux.

C’était l’âge d’or des jeux de simulation basés sur cet univers, alors que s’égrenaient moult jeux des séries MechWarrior et MechCommander sur PC. Avec une technologie définitivement en avance sur son temps, les simulateurs du Monde virtuel sont hélas rapidement tombés dans l’oubli.

Deux décennies plus tard, voilà que les imposantes machines refont surface. Au même moment, d’ailleurs, l’univers BattleTech reprend également vie sur PC, avec la sortie récente de BattleTech, un jeu de stratégie et d’action au tour par tour évoquant un croisement entre XCOM et MechCommander, et avec la parution prochaine d’un nouveau titre de la série MechWarrior, où le joueur peut piloter un gigantesque robot de combat en vision à la première personne.

Photo: Jean-Richard Kenscoff/Pieuvre.ca.

Comme si vous y étiez

Chez Hangar 51, on a certes fait quelques concessions à la modernité, mais, dans l’ensemble, le système de simulation demeure particulièrement fidèle à ce qu’il était il y a 20 ans. Car au-delà des images elles-mêmes, celles qui sont projetées dans la cabine du joueur, l’intérêt du système se retrouve dans son côté tactile. Pas question de simplement fournir des casques de réalité virtuelle et des manches à balai aux joueurs: les simulateurs sont de véritables cabines dans lesquelles le pilote s’installe, et où il s’empare d’un manche à balai et d’une manette des gaz.

Devant lui, une série d’écrans; on y voit ce qui se passe à «l’extérieur», bien sûr, mais on peut aussi apercevoir le radar, tout en bas, l’état des robots ennemis ou de son propre véhicule, ou encore le temps de recharge de ses armes. Ajoutez à cela un système de vibration réagissant aux coups encaissés et aux massives jambes en métal qui s’activent sous vous lorsque votre robot se déplace, et vous avez franchement l’impression d’être en plein combat, dans la fureur des tirs de laser, du déclenchement des mitrailleuses et du bruit assourdissant de l’explosion des missiles. Rien à voir, donc, avec le fait de s’installer derrière un clavier, que l’on porte ou non un casque de réalité virtuelle.

Y aurait-il place à l’amélioration des capacités graphiques des simulateurs? Peut-être. Mais force est de constater que même 20 ans plus tard, le concept continue d’impressionner et d’étonner. Ajoutez à tout cela la possibilité de largement personnaliser son expérience en augmentant la complexité de la simulation, et vous obtenez des combats particulièrement enlevants.

Installé à quelques pas des studios montréalais d’Ubisoft, Hangar 51 joue sans gêne la carte de l’attrait exercé par les jeux vidéo, le retrograming et autres symboles de la culture geek. Maquettes, affiches ou encore vieilles consoles de jeu peuvent être aperçues, ici et là. L’endroit prévoit d’ailleurs organiser diverses soirées thématiques avec prix à gagner et autres attractions.

Hangar 51 gardera ses portes ouvertes toutes les fins de semaines d’ici à la mi-juin, mais on espère déjà pouvoir poursuivre les activités par la suite.


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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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