Immortal Planet et l’éternel recommencement

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Attaquer. Parer. Esquiver. Mourir. Recommencer. Est-ce que cela semble familier? On se croirait dans l’un des jeux de la série Dark Souls, développés par le studio From Software. Et pourtant, il s’agit plutôt d’Immortal Planet, conçu par teedoubleuGAMES, et qui a été lancé la semaine dernière sur la plateforme Steam.

Sur un monde où se mélangent vieille mythologie et technologie en apparence récente, un héros doit vaincre les forces du Mal pour découvrir les mystères de l’étrange planète de glace sur laquelle il se trouve et enfin trouver une façon de fuir cet enfer gelé.

Les amateurs de jeu de combats mélangeant tactique et réflexes aiguisés ne seront pas déçus: Immortal Planet est carrément décrit comme « une lettre d’amour à Dark Souls » dans la description transmise aux représentants des médias. Impossible, d’ailleurs, d’y échapper: l’influence des développeurs de From Software se retrouve partout. Les armes, les combats, l’esthétique, sans oublier la difficulté…

Mais qui dit hommage ne veut pas dire imitation pure et simple. Après tout, les meilleurs imitateurs ne sont pas ceux qui copient, mais plutôt ceux qui s’inspirent de l’oeuvre originale pour créer quelque chose de nouveau, de (légèrement) différent. C’est exactement le cas ici: d’abord, puisque l’on échange l’ambiance médiévalo-fantastique de la série Souls pour un mélange entre fantasy et science-fiction, un peu comme si l’on découvrait une planète où la civilisation se serait effondrée ou serait entrée en dormance pendant longtemps, et où cohabiteraient armes à feu, consoles électroniques, mais aussi épées et boucliers.

Ensuite, parce que les développeurs ont abandonné la vue à la troisième personne associée aux jeux Dark Souls pour plutôt adopter une vue en 3D isométrique, où les personnages ne peuvent techniquement se déplacer que sur les quatre axes traditionnels.

Le niveau de difficulté semble lui aussi avoir été revu à la baisse. Pas qu’Immortal Planet soit facile, tant s’en faut. Ce journaliste a, de peine et de misère, réussi à se rendre à ce qui ressemblait à s’y méprendre au monstre de fin du premier niveau (après moult décès, cela va sans dire), et s’apprêtait à célébrer sa victoire sur cette bête puissante, mais peu agile, ni véloce, lorsque, probablement déjà ivre de son triomphe, il s’écarta dans la mauvaise direction et tomba à l’extérieur des limites du niveau, entraînant sa mort immédiate et son retour au début dudit niveau.

Voilà peut-être la principale pierre d’achoppement du jeu: les contrôles semblent lents, les personnages sont lourds, patauds. Cela pourrait s’expliquer par le fait que le héros semble être particulièrement costaud et traîne une arme lourde et encombrante, mais on peut aussi penser que restreindre les mouvements à quatre axes, tout en plaçant le joueur sur un terrain placé en diagonale, est une recette parfaite pour l’imprécision. Dans un jeu où le doigté est de mise, l’idée est légèrement mal pensée.

Que penser, alors, d’Immortal Planet? Il s’agit d’un jeu visuellement très réussi, franchement intéressant sur le plan mécanique, mais dont la structure même semble imposer des limites artificielles à sa propre jouabilité. Un aspect un peu étrange qui rebutera les amateurs et les néophytes, mais qui devrait plaire aux passionnés… et aux masochistes.

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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