Regalia: Of Men and Monarchs, l’aventure à la dure

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Abandonné depuis belle lurette, le château d’Ascalia tombe entre les mains de Kay, héritier présumé, mais surtout jeune homme quelque peu gauche qui sera appelé à restaurer la gloire aujourd’hui fanée du royaume oublié. Dans Regalia: Of Men and Monarchs, le joueur devra surmonter quantité d’obstacles pour prouver la valeur du jeune roi.

Développé par Pixelated Milk et publié par Klabater, le jeu, après un succès indéniable lors de sa campagne de financement sur Kickstarter, est débarqué sur diverses plateformes de vente en ligne (Steam, GOG, etc.) depuis environ une semaine. Jeu de rôle aux combats tactiques, Regalia combine donc des notions de progression des personnages et d’affrontement, certes, mais aussi un côté gestion.

Après tout, s’il est essentiel de combattre des monstres et de « faire le ménage » dans l’ancien royaume, casser du gobelin ne sera pas suffisant pour redorer le blason d’Ascalia. Il faudra également apprendre à gérer des ressources, construire des bâtiments et faire preuve de diplomatie pour assurer la survie de l’entreprise de notre jeune héros et de ceux qui l’accompagnent.

Oui, certains pourront reprocher l’utilisation de clichés pour justement caractériser le héros et les autres personnages du jeu: le jeune homme appelé à gagner en maturité au fil du temps, le mentor aux attitudes chevaleresques, la jeune soeur un peu naïve, la grande soeur revêche… Mais Regalia se rattrape en présentant les interactions de façon vive et particulièrement efficace. L’humour est parfois mordant, et surtout toujours efficace. Idem pour la présentation visuelle, les magnifiques dessins réalisés à la main par les artistes du studio de développement venant superbement complémenter les modèles des personnages, présentés en 3D isométrique.

Le principal écueil rencontré par les joueurs de Regalia est en fait sa difficulté. En lançant une partie au niveau « normal », on se rend rapidement compte qu’il faudra sauvegarder souvent, voire rejouer plusieurs combats pour trouver ses aises. Oh, le jeu prend effectivement notre héros par la main… mais c’est pour mieux le faire dégringoler les marches de l’escalier par la suite.

Ce n’est pas nécessairement que les ennemis soient particulièrement cruels. Oui, leurs attaques sont douloureuses, et il sera essentiel d’apprendre très rapidement à bien gérer les différentes habiletés des personnages pour parvenir à la victoire, mais le fait est que la structure même du système de combat s’avère excessivement frustrante.

Comme dans tout jeu de rôle « classique », Regalia s’appuie sur un générateur de nombres aléatoires pour calculer les probabilités d’impact d’une attaque. Les amateurs de Morrowind, entre autres, se rappelleront les nombreux combats de début de partie où l’on a beau cliquer le plus possible pour attaquer un ennemi, l’arme empoignée ne fait que trancher du vide. Regalia emploie un principe similaire, mais le résultat est encore plus frustrant; voilà l’un des personnages contrôlés par le joueur qui fonce à toute vitesse, arme au poing… et qui frappe dans le vide alors que l’ennemi est tout juste devant lui. Pire encore, il n’est pas rare qu’une deuxième attaque effectuée immédiatement après la première rate elle aussi la cible. Et comme le nombre d’actions est très limité par tour de jeu, autant dire qu’on en viendra bien vite à maudire ce système aux apparences injustes.

Si ce n’était de cette difficulté en apparences artificiellement gonflée au détriment du joueur – et certaines petites autres aspérités agaçantes, comme ces décors inamovibles où les ennemis peuvent parfois se cacher derrière un élément du décor -, Regalia serait assurément un très bon jeu.

Mais à moins de vouloir jouer en mode facile, il faudra certainement s’armer de beaucoup de patience pour progresser de façon significative.

Mise à jour en date du 25 mai: le studio a publié un correctif visant entre autres à améliorer le générateur de nombres aléatoires.

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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