Quand la romance manque d’oxygène en DVD

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The Space Between Us a beau bénéficier d’un des plus beaux jeux de mots imaginables, il n’en demeure pas moins qu’il enchaîne les stupidités à folle vitesse, et ce durant un trop long deux heures, mais aussi, avec un sérieux souvent abasourdissant. Au moins, son cœur est à la bonne place, ce qui permet jusqu’à un certain point de racheter quelques-uns de ses écarts et de pratiquement conseiller l’écoute de l’oeuvre, maintenant en DVD.

La pochette du coffret

Lorsqu’on a découvert son existence, majoritairement par le biais de sa bande-annonce, ce long-métrage a vite eu des airs de blague ou d’un sketch parodique qui se serait échappé par mégarde. Avec son apparence de The Martian à hauteur d’ados doublé d’une fleurette romantique impossible, il était inconcevable qu’une telle prémisse puisse être au centre d’un véritable film. Et pourtant, aussi vrai que je vous écris, The Space Between Us existe et parle bien de la romance inattendue entre une jeune adolescente rebelle et incomprise et un jeune garçon né sur Mars qui n’a jamais connu les réalités de la planète Terre, là d’où ses parents viennent.

Tout ce qui concerne le scénario sent la fiction à plein nez tellement tout y est improbable et que rien ne fait de sens. De son tout début jusqu’à sa toute fin, il n’y a aucun moment où l’on se dit qu’un jour la réalité dépassera sans mal cette vision de la science(-fiction). Et les raccourcis scénaristiques semblent toujours prêts à repousser plusieurs limites du ridicule.

Pourtant, à mi-chemin, quelque chose se produit et il y a dans le changement de tonalité un petit je-ne-sais-quoi qui finit par séduire. En décidant de laisser tomber tout le superflu de la prémisse (ou presque) et en se concentrant sur nos deux adolescents qui découvrent l’amour pour la première fois, le film trouve une tendresse qu’on ne lui soupçonnait pas et une efficacité qui rappelle de beaux efforts dans ce genre de films.

Il faut croire que la chimie fonctionne à plein régime auprès des interprètes. Bien sûr, les deux ont été associés à d’autres films de science-fiction, mais Britt Robertson s’avère moins énervante que dans Tomorrowland, alors que Asa Butterfield continue de prouver pourquoi il est un jeune acteur aussi fascinant que ce soit dans ses débuts avec The Boy in the Striped Pajamas ou Hugo, ou plus récemment Ender’s Game, Miss Peregrine’s Home for Peculiar Childrens ou A Brilliant Young Mind. C’est plus complexe toutefois pour Carla Gugino et Gary Oldman (en mode intensité à la Nicolas Cage) qui donnent plus l’impression de jouer les trouble-fête que d’autre chose.

Au moins, la réalisation est un tant soit peu dynamique et Peter Chelsom, continue de démontrer un certain savoir-faire dans la douceur plutôt que dans les trop grosses folies (comme ce fut souvent le cas par le passé, comme avec son mésestimé Hector and the Search for Happiness, sympathique complément à The Secret Life of Walter Mitty de Ben Stiller). De plus, la musique de Andrew Lockington forge l’intérêt à plusieurs moments et les choix musicaux un brin plus recherchés que la moyenne vont au-delà des simples tubes pop de convenance pour dénicher des groupes plus méconnus.

Par contre, comme le scénario finit toujours par revendiquer son importance (scénario qui nous provient quand même du piètre Allan Loeb, qui nous a pondu il y a moins d’un an le risible Collateral Beauty), il est constamment impossible d’en oublier les motivations principales et de ne s’en tenir qu’aux émotions, toujours plus nobles. De ce fait, en croyant dur comme fer à son mélange des genres, et en repoussant les limites qu’on peut lui consacrer sérieusement, The Space Between Us continue formellement de toujours perdre pied même quand il semble retrouver l’équilibre.

C’est donc pour cette raison qu’on ne peut que l’associer principalement à un échec et une opportunité ratée, plutôt qu’à quelque chose d’un tant soit peu sympathique. Surtout aussi parce que sa finale est tellement pathétique qu’on a presque honte d’avoir eu un peu de plaisir et de papillons en son centre..

À noter que plusieurs suppléments, incluant une fin alternative, se trouvent sur l’édition Blu-Ray, mais qu’il n’y a aucun extra sur le DVD, à l’exception du doublage en français.

4/10

The Space Between Us est disponible en DVD et Blu-Ray via VVS Films depuis ce mardi 16 mai.

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À propos du journaliste

Jim Chartrand

Jim Chartrand est bachelier de l'Université de Montréal en Études cinématographiques. Il gère également un département Superclub d'une succursale Vidéotron. Et il adore la culture avec le plus grand C que vous pouvez imaginer. En fait, s'il n'avait pas autant de fatigue de sa sage vie remplie, il consommerait encore davantage de ces nombreuses drogues de l'art et du divertissement pour mieux vous en parler. Puisque avouons-le, rien ne lui fait plus plaisir que de conseiller et guider les autres, même si ses avis ne font pas toujours l'unanimité. Il se fait donc un plaisir semaine après semaine de vous offrir des textes sur tous plein de sujets qui le passionnent entre un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, et...

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