Plus de pistes cyclables à Montréal, mais des routes en piètre état

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Hugo Prévost

Le réseau cyclable sera prolongé de quelque 58 kilomètres, a annoncé mardi la Ville de Montréal, par les voix d’Aref Salem, responsable du transport au comité exécutif, et de Marc-André Gadoury, responsable des dossiers vélo au sein de l’administration Coderre.

Ce faisant, les deux hommes soulignent également que la sécurisation des passages inférieurs, les tristement célèbres viaducs où plusieurs cyclistes ont été fauchés par des voitures ou des camions, se poursuit.

« Nous avons dépassé nos objectifs, puisque le réseau cyclable de l’Agglomération s’est accru de près de 58 km, portant son étendue à plus de 788 km de voies cyclables. En plus de respecter notre engagement d’ajouter minimalement 50 kilomètres de voies au réseau cyclable montréalais, le Bureau de projet et son équipe pluridisciplinaire entièrement dédiée à la réalisation de mesures préférentielles pour vélo, nous a permis de développer des projets de SAS vélos, d’entrecroisements, de contresens vélos et de synchronisation des feux pour vélos », a affirmé M. Gadoury.

Entre autres mesures réalisées pour l’année 2016-2017, on souligne la synchronisation aux heures de point des feux de circulation pour les vélos sur la piste cyclable Boyer et l’ajout de mesures contre l’emportiérage sur la rue Saint-Zotique.

Parmi les viaducs sécurisés pour les amateurs de la Petite Reine, deux d’entre eux, soit le pont ferroviaire du Canadien Pacifique au-dessus de la rue Saint-Hubert et celui au-dessus de la rue De Salaberry, ont été amputés d’une voie de circulation.

En ce qui concerne le viaduc passant au-dessus de la rue Saint-Denis, où une cycliste a été fauchée il y a trois ans, les travaux de sécurisation seront effectués dans le cadre de la construction d’une résidence pour personnes âgées dans le voisinage, ce qui entraînera également une réfection des conduites d’aqueduc et d’égouts.

Routes et travaux urgents

Mais l’administration Coderre a beau procéder à ces modifications, le bilan routier est néanmoins peu reluisant, clame l’opposition officielle à l’hôtel de ville, Projet Montréal.

Selon un communiqué publié mardi également, la Ville, en plus de négliger l’entretien des routes – ce qui a un impact non seulement pour les voitures et les camions, mais aussi les cyclistes -, abuse des sels de déglaçage, ce qui a là aussi un effet délétère sur les infrastructures routières montréalaises.

« Il est démontré depuis de nombreuses années déjà que les sels utilisés pendant l’hiver engendrent une usure rapide des routes, des structures souterraines, du mobilier urbain et des véhicules publics et privés, qui s’avère très coûteuse pour les contribuables », écrit le parti dirigé par Luc Ferrandez.

« Chaque dollar de sel épandu dans les rues de Montréal engendre des dommages de 5$. Puisque la Ville épand pour 14 millions $ de sels chaque année, elle cause l’équivalent de 70 millions $ de dommages pendant la même période. En omettant de réévaluer les façons de faire de la Ville, le maire Coderre se rend directement responsable des dizaines de millions de dollars de dommages causés chaque année à nos infrastructures », a affirmé Magda Popeanu, conseillère de Côte-des-Neiges.

Projet Montréal estime que la Ville doit dès maintenant revoir ses pratiques en ce qui a trait à la gestion des sels de voirie, sans quoi, les 6,4 milliards $ qu’elle prévoit investir dans les routes et les égouts au cours des trois prochaines années partiront en fumée. « Si on continue d’utiliser autant de sels sur nos routes, les investissements qu’on prévoit faire seront vains. La Ville continuera d’endommager les infrastructures beaucoup plus rapidement qu’elle ne les répare. Sans des changements de pratiques, les Montréalais continueront d’être pris dans un cercle vicieux et verront leurs taxes disparaître dans des travaux qui pourraient être évités », a conclu Sylvain Ouellet.

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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