Montréal in situ!

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René-Maxime Parent

À sillonner la ville, la plupart d’entre nous sont tombés sur ces lieux aux structures éphémères où nous étions invités à y passer un moment. Mercredi 2 novembre, la Maison de l’architecture du Québec (MAQ) a invité les citoyens à participer à l’atelier Villes et villages éphémères: la relève expérimente in situ! à la Bibliothèque Georges-Vanier.

À la suite du succès des trois ateliers de sensibilisation à l’architecture et au design urbain présentés dans trois bibliothèques de l’arrondissement Rosemont – La Petite-Patrie, la MAQ s’est associée cette année à l’arrondissement du Sud-Ouest. Les designers Philémon Gravel de Bellastock-Qc et Gil Hardy de LAB Éphémère 2016 ont ouvert la série de trois ateliers grand public.

Tout au long de l’atelier, on pouvait déceler deux orientations dans la mise en place de ces expérimentations in situ. Au cœur des gratte-ciels de Manhattan, au centre de la zone lumineuse de Times Square là où les Beastie Boys ont tourné le vidéoclip Right Right Now Now, les designers ont fait fermer la circulation pour y installer des chaises. Alors qu’en Europe, les promoteurs immobiliers engagent des équipes d’artisans afin de créer des lieux attrayants dans le but de faire monter la valeur des terrains, pour ensuite exiger leur départ, nous confie Philémon Gravel.

Bien que le contexte montréalais diffère de l’entassement new-yorkais, les projets in situ n’insèrent pas leur nature éphémère dans une visée de développement immobilier à l’européenne. L’objectif est plutôt de donner vie à des lieux en offrant l’occasion à chaque citoyen de prendre part à une expérience collective. Les conférenciers nous ont énuméré divers projets comme le populaire Village au Pied-du-courant devant La Ronde et le « chantier ouvert » à l’ancienne Tour d’aiguillage Wellington au bord du Canal Lachine, juste avant le Vieux-Port.

Sur place

Si pour la plupart, nous profitons de ces structures au passage, en faisant une pause lors d’une randonnée à vélo par exemple, une grande part de l’expérience se vit pendant la phase de création. Après avoir été sélectionnés par l’Association du design urbain du Québec ( ADUQ ), les participants à la construction se retrouvent sur le lieu et doivent construire une structure avec les matériaux qui se trouvent sur le terrain. Issues du milieu de l’ébénisterie, de l’architecture ou autre, c’est souvent à « l’heure du lunch » que le chantier s’organise, soutient Gil Hardy.

Quand les organisateurs de la soirée ont demandé au public s’ils voyaient ces projets de « mise en communication des matériaux avec le contexte qu’est la ville » comme un avantage pour les résidents, une participante du quartier a répondu par l’affirmative. « Si nous avons la clinique communautaire à Pointe St-Charles, c’est parce que les gens se sont battus », a-t-elle donné en exemple.

« Tout le monde a joué avec des Legos quand il était enfant », a lancé un participant reconnaissant l’aspect ludique et universel de l’expérimentation.

« Moi, ce que je vois c’est l’idée. Vous apportez l’innovation », a ajouté un autre participant expliquant que le projet est neutre, mais qu’il peut devenir un attrait autant pour les promoteurs immobiliers, la Ville de Montréal et les résidents.

Les deux prochains ateliers citoyens Mon voisin l’architecte, cet inconnu? Jamais plus! se dérouleront le samedi 5 novembre à 15 h à la Bibliothèque Saint-Henri et le samedi 19 novembre à 16 h à la Bibliothèque Saint-Charles.

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À propos du journaliste

René-Maxime Parent

Rédacteur en chef de la section Société, René-Maxime Parent s’est joint à Pieuvre.ca en 2014. Sa couverture de l’actualité internationale se partage entre l’Amérique latine et la Scandinavie. Son intérêt pour les arts visuels, le cinéma et l’architecture le conduit à parcourir la métropole québécoise régulièrement.

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