Rêver Montréal, c’est Possible(s)

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Hugo Prévost

Imaginer le Montréal de demain. L’idée peut paraître cliché, surtout qu’à l’approche du 375e anniversaire de la ville, l’administration municipale semble s’embourber dans les travaux en retard. Mais pour POSSIBLES, un projet multifacettes qui adoptera sa vitesse de croisière samedi 8 octobre, rêver à l’avenir est tout sauf dépassé.

Au dernier étage d’un Monument-National baigné par le chaud soleil d’octobre, Jasmine Catudal lève le voile sur l’ambitieux projet qui se déroulera jusqu’à la fin de 2017. « Possibles est un événement en deux temps, explique la cofondatrice de la maison de production La Serre Arts vivants, qui se consacre aux artistes émergents. D’abord, il y aura une consultation publique avec les citoyens, et, par la suite, le volet artistique débutera en 2017 pour se poursuivre toute l’année. »

Cette partie artistique sera l’occasion d’exposer 12 oeuvres portant sur autant de thèmes reliés, de près ou de loin, à la vie urbaine. Architecture, transport, diversité, innovation, mais aussi alimentation ou encore loisirs… « On travaille avec 12 partenaires créatifs différents », poursuit Mme Catudal, en nommant entre autres la troupe de danse Tangente, le festival de musique Pop Montréal, voire même les camions de bouffe de rue qui arpentent les rues montréalaises depuis déjà quelques années.

« Avec chacun des partenaires, on sélectionne un artiste qui va créer une oeuvre qui sera présentée en extérieur dans un quartier de Montréal, chaque oeuvre s’attaquant à un enjeu de développement durable de la métropole. On demande aux artistes d’aborder, dans leur travail, le fait d’imaginer l’avenir, ouvrir des fenêtres… »

Mais pour créer ces oeuvres, il faut déjà des idées. Et c’est là que le volet de consultation citoyenne entre en jeu. Cet aspect de Possibles, appelé la journée Tours de tables, aura lieu samedi au Monument-National. Sous la gouverne de Jean-Martin Aussant, ancien chef d’Option nationale et nouvellement à la tête du mouvement consultatif Faut qu’on se parle, les citoyens de tous les horizons sont invités à venir donner leur avis en lien avec les différents aspects du développement durable. L’objectif? Non seulement de créer les oeuvres qui seront présentées l’année prochaine, mais aussi alimenter une réflexion plus vaste pour espérer récolter les fruits de ce remue-méninge dans un quart de siècle, pour le 400e anniversaire de la fondation de la métropole.

D’ailleurs, confiera Mme Catudal, sourire en coin, c’est là la raison pour laquelle le choix s’est porté sur des artistes plus jeunes, histoire qu’ils soient toujours en vie lorsque les 25 ans se seront écoulés.

« C’est une réflexion à la fois artistique et citoyenne pour entretenir un dialogue et inspirer les artistes. »

Pas de politique

Même si la notion de réflexion sur le développement durable peut laisser croire que Possibles pourrait avoir des visées politiques (et même si l’un des responsables de l’événement, M. Aussant, sonde lui aussi la population sur des sujets connexes), Mme Catudal se défend bien de vouloir jouer dans les plates-bandes des politiciens, et martèle qu’il s’agit d’art, tout simplement.

« On ne demande pas aux artistes de se positionner sur l’art, mais plutôt de réfléchir sur les sujets du monde. Par son libre regard – l’artiste est un libre penseur -, il amène de nouvelles manières d’aborder des questions. Je crois que c’est un dialogue entre l’artiste et le penseur, et le politique, et le citoyen… Un dialogue qui devient riche et porteur de possibles, de solutions, peut-être », indique Mme Catudal.

« Pour enrichir notre regard sur le monde, ça prend des rencontres parfois improbables. C’est assez complexe de faire se rencontrer les citoyens et les artistes, le citoyen a l’habitude d’acheter des billets de spectacle tout simplement. Mais le but, cette fois, est de parler de la société dans laquelle on vit. »

« C’est sûr que notre but est très clair, puisqu’il est artistique. Je crois que l’art sert à relier les individus entre eux. Est-ce que c’est de gauche que de vouloir relier les gens? Peut-être! », s’esclaffe Mme Catudal.

Politique ou pas, la consultation publique suit son cours. Après un volet des soirées des Possibles, où des soupers étaient organisés chez le citoyen pour discuter de l’avenir de la ville, le grand public est donc convié samedi pour dialoguer avec les artistes et imaginer le Montréal de 2042.

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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