Clustertruck, l’heure de pointe nouveau genre

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Hugo Prévost

Sauter de camion en camion jusqu’au fil d’arrivée. L’idée paraît simple, et elle l’est. Mais grâce à l’esprit légèrement tordu des développeurs de chez Landfall, Clustertruck offre un divertissement plus que solide, avec force explosions et mouvements frénétiques.

Pour parvenir au bout du trajet et compléter un niveau, le joueur devra éviter les obstacles, échapper aux explosions et éventuellement utiliser diverses habiletés spéciales, allant du temps ralenti au double saut, en passant par la capacité d’utiliser un grappin, ou encore de matérialiser un camion supplémentaire sur commande.

Et les réflexes de ce cascadeur de l’extrême seront rapidement mis à rude épreuve: après tout, Clustertruck respecte le jeu de mots malheureusement intraduisible qui compose son titre. Les camions explosent, se télescopent, prennent des virages inattendus, quand ils ne percutent pas des éléments du décor. Tout cela, bien sûr, dans les premières minutes du jeu.

L’intérêt de Clustertruck réside dans cette folie, dans cette colossale catastrophe qui se déroule devant nos yeux. Aux simples obstacles s’ajouteront bientôt les camions roulant en sens inverse, puis les obstacles par-dessus ou sous lesquels il faut se précipiter, les changements de direction à 90 degrés, les lance-flammes, les lasers mortels… On pourrait continuer longtemps, mais il suffit de dire que les développeurs s’en sont donné à coeur joie pour concevoir les différents niveaux et les nombreux mondes dont il faudra triompher.

Mais dans toute cette confusion et cette excitation, avec un style de jeu qui n’est pas sans rappeler Hotline Miami et la vitesse avec laquelle il était possible de reprendre un niveau après avoir obtenu son rendez-vous avec la Grande Faucheuse, Clustertruck comporte quelques aspérités inhérentes à ses principes de fonctionnement qui gâchent légèrement le plaisir.

D’abord, si le modèle physique employé dans le jeu permet de se rattraper au bord d’un camion, par exemple, pour remonter sur la remorque et éviter de tomber au sol – ou de réussir un saut plus élevé et plus rapide à partir de l’arrière de cette même remorque plutôt que sur son toit, la marge de manoeuvre offerte au joueur veut aussi dire que celui-ci va glisser et tomber au sol, ou encore mal jauger l’espace disponible pour un saut, et ce à répétition.

Combinez cela à une intelligence artificielle parfois déstabilisante et à une programmation s’appuyant un peu trop sur les nombres aléatoires, et vous obtenez un jeu où il est particulièrement difficile d’établir un parcours sécuritaire dans un niveau en se fiant à un quelconque modèle répétitif pour les déplacements des véhicules. Incidemment, une tentative est rarement identique à la précédente, ce qui peut occasionner des frustrations. Particulièrement dans les niveaux plus avancés, où il est par exemple nécessaire de changer d' »étage » en sautant sur des camions roulant en sens inverse de l’étage précédent.

Clustertruck possède une courbe d’apprentissage passablement raide, et il ne sera pas rare de prendre une pause d’une minute ou deux après un énième échec, histoire de reprendre son souffle et de faire baisser son stress. Par contre, le jeu offre aussi du plaisir en quantité industrielle. À croire que l’aspect clusterfuck (n’ayons pas peur des mots!) fait partie de son charme…

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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