Théâtre – Un jeu pour tous

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René-Maxime Parent

Le Théâtre Parenthèse se concentre sur l’unicité du comédien et sur son jeu créateur à partir de l’appropriation de l’histoire et de la culture de chacun. La compagnie présente La Soirée Blanche, les 3, 4, 10, 11, 17, 18 juin à leur local dans le quartier Rosemont. Un événement où les comédiens jouent des textes écrits par des amateurs.

Souvent, les grands théâtres s’embourbent dans la représentation de classiques qu’ils tentent de mettre en scène à la saveur du jour. Pourtant, ce ne sont pas les dramaturges, les auteurs ou les conteurs qui sont à court d’idées. La compagnie de la rue Masson débusque des raconteurs dissimulés, par l’appel de texte élargi à tous les gens du quartier pour l’édition 2016 de la Soirée Blanche.

Les répliques croisent les niveaux de langue de même que l’imagination infantile et des problématiques d’adultes. « Sophocle a dit : « Il n’y a pas de loi plus belle que d’obéir à un père »», ainsi commence la pièce qui a pour thème « Hors-la-loi ». Certaines scènes sont angoissantes, alors que d’autres sont comiques ou relatent des images bizarroïdes. « Ce lombric était dans un état lamentable, tout desséché dans certaines parties et tout suintant dans d’autres… Je me suis aussi surtout dit qu’il était comme moi, qu’il avait lui aussi survécu à la tempête… », énonce une actrice dans l’une des 16 histoires jouées.

La compagnie s’adresse à tous et se compose de professionnels et de non-professionnels. Le jeu qui en découle nous saisit d’une façon particulière. Chaque comédien détient son aura et ce type d’identité scénique occupe l’espace par son aspect brut et propre à chacun. Les cinq comédiens sont encadrés par une scénographie minimaliste constituée de canevas blancs. La scène où les comédiens se servent de ces toiles comme de tambours et pour reproduire le son des remous de l’eau est intéressante.

La bénévole au bar, et membre de la compagnie, m’a confié à l’entracte qu’elle a écrit le texte de l’agente de voyage au bout du rouleau se basant sur son vécu. La dernière étape de la formation de l’École du Théâtre Parenthèse est l’improvisation. « Les gens pensent qu’on joue. Il fallait piger un état et une émotion et faire plusieurs improvisations sur le même thème sans refaire la même chose. Il nous faisait répéter sans cesse », me confient deux comédiennes qui ont terminé la formation.

Un moment impressionnant de la pièce est lorsque les comédiens balayent les toiles avec des pinceaux pour produire un son de frottement. Ensuite, c’est l’actrice principale de ce segment qu’ils balayent de leurs pinceaux. C’est comme si le son serait celui de l’aura que les brosses découpent l’unicité du comédien.

Les mordus du Festival TransAmériques (FTA) du 26 mai au 8 juin, ainsi que les édentées du Festival Fringe du 30 mai au 19 juin peuvent ajouter un nouveau point à leur circuit: le Théâtre Parenthèse.

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À propos du journaliste

René-Maxime Parent

Rédacteur en chef de la section Société, René-Maxime Parent s’est joint à Pieuvre.ca en 2014. Sa couverture de l’actualité internationale se partage entre l’Amérique latine et la Scandinavie. Son intérêt pour les arts visuels, le cinéma et l’architecture le conduit à parcourir la métropole québécoise régulièrement.

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