Velours rouge, maïs et celluloïd pour l’OSM

0

Hugo Prévost

Il faisait bon revoir la chef assistante de l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM), mardi soir, deux semaines après son remplacement au pied levé du chef invité pour le concert consacré aux Planètes de Gustav Holst. 

Pour ce spectacle « métro, boulot, concerto », le septième art était à l’honneur, et Mme Gilbert dirigeait ainsi les musiciens devant une foule passablement plus jeune et bigarrée qu’à l’habitude. Concert plus « populaire » – sans emprunter les connotations négatives du terme -, cet hommage au cinéma et à la musique de films était animé par l’acteur Rémy Girard.

Au programme: des thèmes musicaux connus (certains plus connus que d’autres) répartis selon les diverses époques du cinéma. Le muet, tout d’abord, puis les débuts des films parlés, pour enfin conclure avec des thèmes ayant parfois transcendé les films pour lesquels ils ont été créés.

Dans ce genre de concert, les responsables de la programmation prennent un risque: soit de prévoir des pièces archiconnues qui donneront à l’ensemble un sentiment de déjà vu, soit de pousser un peu trop loin l’audace et de se retrouver avec une feuille de route qui ne plaira qu’aux mordus de pellicule et de maïs soufflé.

Avec le parcours musical simili-historique et les anecdotes du maître de soirée, le public était certainement en bonne compagnie. De Saint-Saëns à Chaplin, en passant par Paul Dukas, ou encore Prokofiev que l’on croyait oublié en raison d’un détour quelque part le long du programme, les mélomanes – et surtout Monsieur Madame tout le monde – pouvaient s’estimer heureux.

Ajoutez à cela du Morricone, du Nino Rota, ou encore du Alan Silvestri (Retour vers le futur), et le concert avait des arts de grande fête populaire.

Cependant, le choix de certaines pièces suscite des questions. Aucun problème si l’orchestre décide de varier un peu ses plaisirs et d’ajouter du François Dompierre au programme. Après tout, M. Dompierre est un compositeur particulièrement connu. Passe encore pour Michel Cusson et son thème principal du film Un homme et son péché. Mais ces oeuvres ont-elles été jouées au bon moment durant la soirée? Pourquoi avoir casé Cusson entre Retour vers le futur et La guerre des étoiles? Tant qu’à vouloir donné dans la trame sonore mémorable, pourquoi pas Howard Shore et son Seigneur des Anneaux? Et pourquoi choisir le thème du troisième film de la série Retour vers le futur au lieu du premier, mieux connu?

Enfin, ces considérations n’inquiéteront que les passionnés, les mordus. Ou encore ceux qui suivent depuis un peu trop longtemps les concerts de l’Orchestre à vent de musique de films. Pour tous les autres, le tandem OSM/Rémy Girard (un Rémy Girard étrangement hésitant) offrait une soirée plus qu’agréable. Et l’ovation a suivi, forcément.

Partagez

À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

Répondre