Quand Mozart est séduit, il ne cesse jamais d’être noble

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Pierre Berthelot

Mardi soir dernier à la salle Pierre-Mercure avait lieu le dernier spectacle de l’Orchestre de chambre McGill. Dans La Trilogie de la séduction, on nous présentait une mise en scène de la trilogie classique d’opéras de Mozart et Da Ponte : Così fan tutte, Don Giovanni et Le Nozze di Figaro. Une mise en scène chaleureuse, signée Alain Gauthier, nous met dans une ambiance intime permettant de faire ressortir toute la chaleur des voix des chanteurs dans une ambiance extérieure qui prêtait plutôt au verglas de l’âme.

Le premier acte laissait paraître un certain manque de naturel chez les chanteurs masculins. Si la chaleur des voix était bien sentie, les corps et les visages semblaient déconnectés de l’action dramatique. On ne saurait mettre la raison sur la causerie précédant la soirée ou sur un certain manque d’énergie, bien au contraire, mais devant la qualité des costumes et des décors (Philippe Massé), on aurait préféré un jeu à la même hauteur. L’orchestre, mené par Boris Brott, gardait le rythme sans faute, soutenant l’action que l’on cherchait, et faisant vibrer par tons nuancés la riche de l’émotion des compositions de Mozart.

On appréciera les passages interprétés par Maxime Dubé-Malenfant (ciel! serait-ce le doux chant du clavecin? Mais si, c’est bien lui!) pendant l’extrait de Don Giovanni, accompagnant les déboires amoureux de la pauvre Anna interprétée par Myriam Leblanc, qui ne sait plus exactement si elle peut faire confiance à son fiancé, encore moins à Giovanni, ou si elle doit se prémunir d’un autre déshonneur.

En comparaison, le second acte fut nettement plus réussi dans son ensemble, notamment par ses tons plus comiques. Il serait toutefois faux de penser que l’action comique soit plus facile à convier sur scène ou moins complexe que l’action dramatique. Le plaisir des acteurs était manifeste, particulièrement lors de la scène où Pascale Spinney déguisée en homme moustachu, coiffée d’un tricorne, chante sa passion burlesque à la Contessa, accompagnée par des cordes sincères, mais pathétiques.

On saluera la performance de la charismatique Pascale Spinney qui s’était démarquée septembre dernier dans la production de Madama Butterfly, et qui mardi soir incarnait les Dorabella, Zerlina et Cherubino. On souligne aussi la présence de Christopher Dunham et sa virevoltante interprétation de Fin ch’han dal vino.

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Pieuvre.ca

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