Montréal confirme l’interdiction des sacs en plastique

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Hugo Prévost

La Ville de Montréal se donne finalement deux ans, ou plutôt environ 22 mois, pour que le bannissement des sacs d’emplettes en plastique léger entre en vigueur sur le territoire de la métropole. 

« Nous portons un geste fort aujourd’hui en annonçant ce choix réfléchi que fait Montréal de bannir les sacs de plastique légers dans les commerces de détail », a déclaré le maire Denis Coderre par voie de communiqué.

« Avec cette interdiction ciblée qui laisse une période d’ajustement jusqu’au 31 décembre 2017, nous nous assurons de prendre les bons moyens pour le développement durable et la qualité de vie des Montréalais par une réduction à la source. Nous encourageons ainsi l’utilisation des sacs réutilisables ou plus résistants, un geste déjà posé par de nombreux Montréalais. D’ailleurs, la Ville de Montréal encouragera en parallèle plusieurs autres initiatives visant la consommation responsable, comme la réduction de la consommation des bouteilles d’eau en plastique, mais également le développement d’une filière de conception et de fabrication de sacs réutilisables au Québec. »

Il importe toutefois de préciser que seuls certains types de sacs seront interdits, soit ceux qualifiés de « légers », dont l’épaisseur ne dépasse pas 50 microns (0,005 centimètres), et les sacs dits oxo-dégradables, oxo-fragmentables, oxo-biodégradables et biodégradables. Au dire du responsable du développement durable, de l’environnement, des grands parcs et des espaces verts au comité exécutif, Réal Ménard, « ces sacs, à priori inoffensifs, ont des impacts importants en ce qui concerne l’enfouissement, ainsi qu’en lien avec nos écosystèmes vu leur volatilité, leur façon de se décomposer et le temps que ça prend pour une telle décomposition ».

Malgré le nouveau règlement, certains sacs ne sont pas ciblés; les sacs minces pour les fruits et légumes ou pour les médicaments sont ainsi exemptés.

La Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) a également mis en place un comité de suivi qui travaillera à l’harmonisation de l’interdiction de l’utilisation des sacs d’emplettes en plastique à usage unique sur le territoire métropolitain et, au Québec, en collaboration avec l’Union des municipalités du Québec et la Fédération québécoise des municipalités, poursuit-on, toujours par voie de communiqué. Le maire Coderre « espère que d’autres villes emboîteront le pas afin que l’interdiction de ces sacs se fasse à l’échelle du Québec ».

Commerçants d’accord, mais…

Il y a 10 jours, le Conseil canadien du commerce de détail annonçait un appui mesuré envers l’interdiction visée par la CMM« Nous saluons l’initiative du maire Coderre qui répond à la demande que nous lui avons faite en janvier de créer un groupe de travail. Nous croyons que l’industrie doit être partie prenante des solutions et apporter sa contribution à ce comité », déclarait alors Nathalie St-Pierre, directrice générale, Québec et vice-présidente, développement durable du CCCD.

Le conseil disait par ailleurs estimer que les chiffres concernant l’utilisation des sacs de plastique sont « erronés », et qu’« il y a une grande méconnaissance des impacts d’un bannissement ». L’organisation réclamait aussi que la Ville de Brossard reporte sa décision d’interdire les sacs en plastique sur son territoire, et ce dès septembre prochain.

La région montréalaise n’est pas la seule à agir pour lutter contre l’utilisation de ces sacs: Radio-Canada rapportait en décembre dernier que sept autres villes canadiennes avaient déjà agi en ce sens, y compris à Fort McMurray, en Alberta, capitale des sables bitumineux. Chez l’Oncle Sam, plus de 120 villes ont déjà interdit le recours à de tels emballages, particulièrement dans les régions côtières.

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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