Mon beau bandit, une première étape réussie pour Andréanne Martin

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Hugo Prévost

Il est toujours délicat de se prononcer sur des EP: ces mini-albums contiennent d’habitude une poignée de pièces à partir desquelles il est difficile de dresser un portrait critique complet. Plus complet, enfin, que ce qu’il est possible de tirer de quatre ou cinq chansons envoyées en hâte aux journalistes culturels.

Qu’à cela ne tienne, Andréanne Martin emprunte, avec Mon beau bandit, le chemin tortueux des pré-lancements. Déjà connue du public québécois avec quelques apparitions à la télévision, plusieurs participations à des concours de chanson et lauréate d’un prix au Festival le Tremplin de Dégelis, la chanteuse offre cinq titres aux sonorités soul et funk, le tout en français s’il vous plaît, comme le dirait un certain chef de l’opposition officielle.

Rythmes enlevants, paroles sympathiques, musique qui donne envie de se trémousser alors que la grisaille extérieure a l’effet contraire, Mon beau bandit est un disque qui témoigne du talent de Mme Martin. Les accompagnements sonores de ses musiciens sont eux aussi d’une grande qualité.

Seul petit bémol, peut-être, en ce qui concerne les textes, et plus particulièrement les paroles de la dernière chanson du disque, Mes seins. S’il n’est absolument pas question de vouloir censurer un tel sujet, on note un léger appauvrissement de l’écriture. Après tout, la pièce précédente, Shérif, aborde les thèmes de l’égalité sociale, de la liberté de manifester, de contester l’ordre établi. Et, soudainement, on se retrouve avec une cinquième chanson où l’artiste affirme qu’elle aime mordiller, pincer, décorer ou encore taper sa poitrine. Disons que le changement de registre est considérable!

Mais peut-être y voit-on trop de choses pour l’importance de la chanson. À l’exception du sujet abordé, le rythme et la musique ne viennent pas dépareiller l’ensemble, et il faudrait sans doute souligner l’audace qu’a Mme Martin, en un sens, pour se prononcer sur une partie du corps considérée à la fois comme taboue et particulièrement désirable.

Bref, que penser de Mon beau bandit? L’album a des bases solides, et on ne rechigne pas à une deuxième, voire une troisième écoute – et pas seulement pour les besoins d’une critique! Il sera intéressant de suivre Mme Martin, histoire de voir si un album complet emboîtera le pas à cet EP qui attise la curiosité.

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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