The Finest Hours: engloutis sous quelques averses d’ennui

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Jim Chartrand

À l’inverse des personnages de son sujet, on réalise qu’il n’y a pas tant à sauver du fade et maladivement convenu The Finest Hours qui vient frôler de façon glaciale la belle lancée de Disney dans la production de faits vécus inspirants.

Qu’on ne se méprenne pas. Armé de courage et de persévérance, le long-métrage raconte une jolie histoire d’hier qui vaut certainement la peine d’être racontée et qui accorde un fini léché au métier trop souvent oublié des sauveteurs en pleine mer. On regrette seulement que ce film se déroulant durant les années 1950 soit aussi générique et si peu inspiré pour réellement se sortir du lot de tous les films du genre.

Certes, le réalisateur Craig Gillespie sait soigner sa mise en scène sans trop précipiter les choses et sa venue dans le monde de la superproduction en a vu pour tous les goûts depuis son adaptation de Fright Night. Toutefois, à l’inverse de son senti Million Dollar Arms qui touchait droit au cœur à plus d’une reprise, The Finest Hours ne garde ici que le côté spectaculaire qui essaie d’en mettre plein la vue avec ces larges panoramas et ses airs d’un Titanic des pauvres, pendant que ses tentatives d’émotions s’avèrent ratées.

Après tout, l’aspect mélodrame et cette romance sirupeuse inutile empêchent le véritable focus de l’entreprise, laissant se succéder une multitude de personnages qu’on ne développe pas assez pour nous intéresser, de quoi gâcher un peu tristement le talent d’une superbe brochette d’acteurs allant de Chris Pine à Ben Foster en passant par John Ortiz et Casey Affleck.

Il faut alors sûrement s’en remettre au scénario qu’on a confié aux six mains de ceux qui nous ont offert The Fighter. Dénué d’un aspect sportif, ils se perdent alors dans leurs propres méandres et nous offre un film familial plein d’espoir qui reste néanmoins plutôt confus.

Bien sûr, au-delà de cette neige artificielle et de cette pluie incessante, on peut au moins compter sur les douces mélodies reconnaissables d’entre milles de Carter Burwell avant que ceux-ci ne nous envahissent que trop fortement, amplifiant davantage l’aspect fortement dramatique de la chose.

C’est peut-être donc cette absence de nouveauté, ce désir de sérieux et ces bribes d’humour qui tombent à plat qui empêchent le film de garder son intérêt. Trop long pour son propre bien, sombre et maussade, on garde le message qu’on devine depuis le début, mais on n’est pas certain de véritablement sentir que toute cette épopée en valait vraiment la peine. Dommage. Voyons le tout alors comme un hommage à demi réussi.

5/10

The Finest Hours prend l’affiche en salles ce vendredi 29 janvier.

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À propos du journaliste

Jim Chartrand

Jim Chartrand est bachelier de l'Université de Montréal en Études cinématographiques. Il gère également un département Superclub d'une succursale Vidéotron. Et il adore la culture avec le plus grand C que vous pouvez imaginer. En fait, s'il n'avait pas autant de fatigue de sa sage vie remplie, il consommerait encore davantage de ces nombreuses drogues de l'art et du divertissement pour mieux vous en parler. Puisque avouons-le, rien ne lui fait plus plaisir que de conseiller et guider les autres, même si ses avis ne font pas toujours l'unanimité. Il se fait donc un plaisir semaine après semaine de vous offrir des textes sur tous plein de sujets qui le passionnent entre un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, et...

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