Van Gogh, l’artiste-poète

0

Voilà déjà trois ans que James Hyndman et Stéphane Lépine collaborent pour nous offrir de délectables lectures au Théâtre de Quat’Sous. Cette année est marquée par l’exploration des deux complices du registre épistolaire prolifique que nous ont laissés nombre d’auteurs tels Franz Kafka, Kressman Taylor et Helene Hanff. La seconde lecture de la saison porte sur des textes aussi surprenants que fascinants, à savoir la correspondance extrêmement riche de Vincent Van Gogh à son frère Théo.

La plume de Van Gogh semble avoir été aussi exquise que son œuvre picturale, et non moins lyrique. On se laisse bercer sans y penser par la voix évocatrice de James Hyndman, qui nous emporte tour à tour au fond d’une chambre à Paris, près de la Tamise londonienne, et jusqu’aux confins de la Provence. Les lettres de Van Gogh, dont l’Histoire n’a hélas pas su gardé les réponses, nous entraînent si étroitement dans la psyché du peintre qu’on a l’impression non seulement qu’il est parmi nous, mais que c’est en fait un ami de longue date. Ces lettres écrites à son frère, qui racontent ses états d’esprit, ses aventures, ses réflexions profondes et profondément poétiques sur la vie, semblent tout à coup nous être adressées. Elles font appel à ce quelque chose de vrai, ce quelque chose de viscéral qui attend latent au fond de chacun d’entre nous – et qui ne semblait qu’attendre d’être réveillé par ce lundi soir humide de décembre, dans l’intimité d’une salle sombre pas tout à fait comble.

On sort de l’expérience avec le désir irrépressible de ne faire qu’une chose : se diriger vers la librairie la plus proche pour se procurer un exemplaire de cet assemblage épistolaire remarquable, transcendant, unique.

La lecture de Lettres à son frère Théo s’est tenue le lundi 7 décembre au Théâtre de Quat’Sous. La prochaine lecture faisant partie du cycle Long courriers se tiendra le lundi 7 mars 2016 à 19h30.

Partagez

À propos du journaliste

Éloïse Choquette

Éloïse Choquette fait comme si elle menait une vie bien rangée d’architecte de jour – et devient une personne éclectique de nuit. Que ce soit en étant activement impliquée dans des organismes à but non lucratif, ou encore en faisant des études à temps partiel à Concordia en littérature et études des peuples autochtones, Éloïse aime diversifier ses champs d’intérêts, qui passent du féminisme intersectionel à la littérature, en passant par la science-fiction, les arts de la scène, le cinéma, la mode et le design. Journaliste chez Pieuvre depuis 2011, elle raffole de théâtre, de musique et de danse, qu’elle se plait à disséquer avec un enthousiasme certain. Elle puise la plupart de ses citations et inspirations quotidiennes dans Star Trek et Harry Potter, sujets dont elle peut discourir pendant des heures.

Répondre