Les gorilles, ces êtres territoriaux

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Des scientifiques ont découvert que les gorilles étaient véritablement des êtres territoriaux, et que leur comportement était similaire au nôtre.

Publiée dans Scientific Reports, leur étude démontre pour la première fois que des groupes de gorilles reconnaissent la « propriété » de différentes régions. Ils sont également davantage portés à éviter le contact avec d’autres groupes s’ils se trouvent particulièrement près du centre de la « zone » des voisins, pour éviter les conflits.

Les travaux, qui ont été effectués par des chercheurs de l’Université de Cambridge, de l’Anglia Ruskin University (ARU), de l’Université de Barcelone, du SPAC Scientific Field Station Network, et de l’Université de Vienne, impliquaient la surveillance des mouvements de groupes de gorilles des plaines de l’ouest.

Ces animaux sont difficiles à suivre à pied, puisqu’ils vivent dans des forêts denses. Les scientifiques ont plutôt suivi les animaux en utilisant un réseau de caméras installées à 36 sites alimentaires répartis sur une zone de 60 kilomètres carrés dans le parc national d’Odzala-Kokoua, en République démocratique du Congo.

Il était précédemment estimé que les gorilles n’étaient pas des êtres territoriaux, en raison de la superposition des zones d’habitation des divers groupes, et de leur tolérance envers les autres groupes d’individus. Cela est largement différent des chimpanzés, qui font preuve d’une violence extrême lorsqu’il s’agit de défendre leur territoire.

Cependant, les nouveaux travaux ont permis de découvrir que les gorilles faisaient preuve d’un comportement plus nuancé, et que leurs mouvements étaient fortement influencés par l’emplacement de leurs voisins, et qu’ils étaient donc moins portés à se nourrir sur un site visité par un autre groupe au cours de la même journée. Les gorilles seraient aussi influencés par la distance par rapport au « centre » de la zone d’habitat des groupes voisins.

Le principal auteur de l’étude, la Dre Robin Morrison, qui a mené les travaux dans le cadre de son doctorat à Cambridge, a indiqué que « nos conclusions démontrent qu’il existe une compréhension, chez les gorilles, du concept de « propriété » des zones, et l’emplacement des groupes voisins restreint leur mouvement ».

« Les gorilles n’imposent pas des frontières claires comme les chimpanzés. Les groupes de gorilles peuvent plutôt avoir des régions prioritaires, ou même avoir l’usufruit exclusif de certaines régions qui sont près du centre de leur zone d’habitat, et qui pourraient aisément être défendues par des agressions physiques ».

« Au même moment, dit-elle, les groupes peuvent être superposés et même coexister de façon pacifique dans d’autres régions de leur zone d’influence. Ce système flexible de défense et de partage des espaces sous-entend la présence d’une structure sociale complexe chez les gorilles. »

Pour le Dr Jacob Dunn, coauteur de l’étude associé à l’ARU, « cette nouvelle étude change ce que nous savons à propos de la façon dont les groupes de gorilles interagissent, et cela a des implications à propos de ce que nous connaissons de l’évolution humaine ».

« Notre recherche élargit ce champ et montre plutôt à quel point nous sommes près de nos plus proches cousins. Les zones centrales de domination des gorilles et les grandes régions de tolérance mutuelle pourraient nous aider à améliorer notre compréhension de l’évolution sociale des premières populations humaines, démontrant à la fois la capacité d’agir violemment pour défendre un territoire donné, et les affiliations essentielles entre groupes pour parvenir à une coopération sociale élargie. »


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Pieuvre.ca

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