L’ex-président du Brésil sort de prison et veut débusquer l’extrême droite

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Après un ordre de la cour, Lula da Silva a pu quitter, la semaine dernière, la cellule de prison dans laquelle il est resté plus d’un an. Le lendemain, pendant un rassemblement de milliers d’admirateurs, l’ex-président a déclaré qu’en agissant stratégiquement, la gauche va battre l’extrême droite aux élections de 2022, rapportait El País les 8 et 10 novembre.

L’ex-président du Brésil Lula da Silva, qui a été incarcéré pendant 19 mois pour corruption et dont la justice lui avait interdit de participer aux dernières élections accordant la victoire au candidat d’extrême-droite Jair Bolsonaro, est de retour parmi les siens. Devant une foule délirante réunie le 9 novembre en face du berceau de ses appuis le Syndicat des travailleurs de la métallurgie de São Bernardo do Campo, Lula da Silva a livré un discours-fleuve pendant une heure. Avec virulence, il a dénoncé la politique économique de son successeur, le juge Sergio Moro qui l’a condamné et qui est aujourd’hui ministre de la Justice et le plus grand groupe médiatique du pays Globo.

La décision du magistrat a été prononcée une journée avant que la Cour suprême décide de révoquer un critère établi il y a trois ans. Un détail pourtant crucial dans l’enquête sur l’opération Lava Jato, c’est-à-dire que dorénavant les condamnés seront emprisonnés seulement quand le jugement sera définitif, pas à la suite de la condamnation en deuxième instance. Président du Brésil de 2003 à 2011, Lula da Silva a été contraint à abandonner le pouvoir malgré sa popularité pour avoir sorti des millions de Brésiliens de la pauvreté. Il a été condamné en deuxième instance à 8 ans de prison pour corruption. Il aurait bénéficié d’un projet de construction dans un appartement qu’il fréquentait.

Pendant son long discours devant son électorat, Lula da Silva a abordé la situation politique en Amérique latine. Il a été applaudi lorsqu’il a salué la victoire d’Alberto Fernandez et Cristina Kirchner en Argentine. Il a également mentionné la vague de protestations au Chili pour avancer que ce pays a le modèle économique que l’homme politique Paulo Guedes veut implanter au Brésil. Il s’est aussi solidarisé avec les Vénézuéliens et s’est permis un commentaire sur le gouvernement de Nicolás Maduro: « C’est normal que chacun de nous soit critique envers d’autres gouvernements dans le monde. Maintenant, celui qui doit résoudre le problème d’un pays, c’est son propre peuple. »

L’ex-président de gauche a également critiqué le président des États-Unis, Donald Trump, et allié du président Bolsonaro: « Trump devrait résoudre le problème des Américains et ne pas nuire aux Latino-Américains. »

Parmi la multitude de politiciens qui ont salué l’événement, le sénateur de l’État du Vermont, Bernie Sanders, a écrit sur Twitter que Lula a fait plus que quiconque pour diminuer la pauvreté au Brésil et défendre les travailleurs.

Le candidat démocrate à la présidence des États-Unis a ajouté que cet emprisonnement n’aurait jamais dû avoir lieu.


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À propos du journaliste

René-Maxime Parent

Rédacteur en chef de la section Société, René-Maxime Parent s’est joint à Pieuvre.ca en 2014. Sa couverture de l’actualité internationale se partage entre l’Amérique latine et la Scandinavie. Son intérêt pour les arts visuels, le cinéma et l’architecture le conduit à parcourir la métropole québécoise régulièrement.

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