Vérification des faits: des progrès, mais…

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Quel est l’impact des vérificateurs de faits qui travaillent en partenariat avec Facebook depuis 2016, si on le compare avec l’impact des fausses nouvelles? Une analyse des cinq vérifications les plus populaires de la semaine, révèle un impact qui, dans certains cas, est étonnamment plus fort que ce qu’on imagine généralement… mais qu’il y a encore du chemin à faire.

Lançant ce qui pourrait devenir une évaluation hebdomadaire, le journaliste de l’Institut Poynter conclut en effet que sur ces cinq vérifications (fact-check), une a eu à peu près autant d’impact que la fausse nouvelle initiale (cette dernière a été partagée 1400 fois sur Facebook, contre 1100 pour la vérification), tandis qu’une autre, réalisée par le média en ligne PolitiFact, a été plus de 80 fois plus populaire que la fausse information (16 000 contre près de 200). Il s’agissait d’un message Facebook proclamant que 63 000 Américains avaient été tués par des immigrants illégaux.

Qui plus est, alors que ces analyses des médias vérificateurs de faits donnent souvent l’impression de ne se concentrer que sur la politique, deux des cinq vérifications les plus populaires de la semaine étaient en santé:

  • en 3e place, une vidéo prétendant prouver que la viande hachée vendue en Turquie contient des additifs qui lui donnent sa couleur: partagée 19 000 fois, contre 1 900 pour la vérification rédigée par le site Teyit;

  • en 5e place, un message Facebook affirmant qu’une illusion d’optique a été créée par un neurologue japonais pour évaluer votre stress; celle-là, avec 191 000 partages, n’a laissé aucune chance au texte de vérification de l’Agence France-Presse (moins de 1000 partages).

L’Agence France-Presse note de plus que cette dernière, depuis son apparition en novembre au Japon, a été traduite et partagée aux États-Unis, aux Philippines, en Espagne, en Turquie et en France. Une « performance » difficile à battre pour les vérificateurs de faits.


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