World Press Photo 2017 à Montréal: présenter le monde tel qu’il est

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La 12e édition de World Press Photo Montréal, cette exposition très courue chaque année, se déroule encore une fois à la Salle de la Commune du Marché Bonsecours, dans le Vieux-Montréal. Images-chocs, de chair et de sang, clichés poignants, tendres, photos qui invitent à la réflexion et l’introspection: le World Press Photo convie à nouveau les visiteurs à parcourir cette exposition documentaire qui éveille les sens.

Présentée du 30 août au 1er octobre 2017, c’est ce mardi que l’exposition était lancée en présence de nombreux invités, dont le chanteur et comédien Sébastien Ricard, porte-parole de l’édition 2017. Parmi la prestigieuse liste des invités d’honneur, mentionnons également Amber Bracken, photographe canadienne lauréate de la catégorie Sujets contemporains, de même que Burhan Özbilici, lauréat la Photo de l’année.

La photo gagnante d’Özbilici a fait le tour du monde, aussi bien dans les bulletins de nouvelles télévisées que sur les réseaux sociaux. Il est l’auteur de la tristement célèbre photo Un assassinat en Turquie, qui a capté sur le vif l’assassinat d’Andreï Karlov, ambassadeur russe en Turquie, par le policier Mevlüt Mert Altintas.

Amber Bracken a quant à elle remporté un prix pour sa série de clichés prise lors de son travail sur le terrain dans la réserve autochtone de Standing Rock, aux États-Unis. L’opposition au passage d’un oléoduc avait fait tout un tollé social.

La 12e édition en 8 temps

Au rez-de-chaussée de la salle de la Commune sont présentées les photographies issues de l’exposition internationale World Press Photos 2017. Au nombre de 152, ces photos se divisent en huit catégories et sont l’œuvre de 45 photographes provenant de 25 pays différents.

Les 152 photos présentées ont été primées par un jury qui a évalué plus de 80 000 clichés soumis par des professionnels de 126 pays sur des sujets d’actualités allant de thèmes aussi divers que les nouvelles générales, la vie quotidienne, la nature, les sports et ainsi de suite. En tout, ce sont huit thèmes qui sont abordés dans l’exposition, traitant de nombreux enjeux de société un peu partout sur la planète.

Si plusieurs des photographies présentées sont lourdes de sens, certaines attendrissent. Tour à tour, le spectateur chercher à comprendre la violence des images issues de conflits, comme celui en Ukraine ou provenant des manifestations contre la brutalité policière envers des citoyens de race noire. Il pourra en outre s’émerveiller en regardant les clichés pris en Chine dans une aire de protection des pandas géants et sourire devant la joie de vivre émanant des photos de la première équipe de rugby ouverte à la communauté homosexuelle à Toronto, pour ne nommer que quelques exemples. Il faut être sur place pour se laisser imprégner par toutes ces images pleines de sens.

En marge de l’exposition principale

En plus de ce grand événement en tournée, d’autres expositions et expériences interactives sont également présentées dans l’espace Mezzanine au-dessus du rez-de-chaussée, notamment Marché Bonsecours: 170 ans d’échanges, Karibu, bienvenue en RD Congo (en collaboration avec Oxfam-Québec), ICI RDI: ses correspondants vus sous un nouveau jour, La Presse+: La route des possibles et L’expérience Planète+.

Une de ces expériences supplémentaires ébranle plus particulièrement. Il s’agit de Premières impressions: Montréal vue par de jeunes Syriens. Douze adolescents syriens fraîchement débarqués en sol montréalais ont croqué sur le vif les étapes de leur installation dans la ville, avec leur âme de réfugiés découvrant une nouvelle vie. Le résultat est fort touchant.

De plus, en marge de l’exposition, la question se pose : doit-on tout montrer dans les médias? Si la photo de Burhan Özbilici a tant choqué, c’est que pour certains, elle faisait l’apanage de violence et pour d’autres, elle donnait à voir un terroriste, un meurtrier, un homme qui ne méritait pas autant d’importance. D’ailleurs, l’installation Planète+ traite de cette tendance à l’hypermédiatisation et invite les spectateurs à télécharger une application sur leur téléphone intelligent pour accéder à des vidéos en réalité augmentée.

Quelques mots au sujet du World Press Photo

Prestigieux et remarquable concours annuel dans l’univers de la photographie professionnelle et journalistique, le World Press Photo en est à sa 60e édition. Comparé aux « Oscars » de la photographie, chaque année, le World Press Photo permet de recenser les meilleurs clichés journalistiques pris à travers le monde. La Fondation World Press Photo œuvre de façon indépendante depuis 1955 et l’exposition voyage chaque année dans plus de 45 pays.

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À propos du journaliste

Émilie Plante