Blood Alloy: Reborn, la nouvelle tentative

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Hugo Prévost

Né d’un programme de financement Kickstarter ayant raté sa cible, Blood Alloy: Reborn, développé par Suppressive Fire Games, possède quantité de bons côtés, mais risque hélas de rater son objectif avec un jeu imparfait.

Ramené au royaume des vivants sur la plateforme Steam – d’où l’ajout du Reborn, on l’aura compris -, le titre met en scène Nia Rhys, sorte de combattante du futur faisant preuve d’une agilité et d’une force sans pareil. Armée d’un pistolet à énergie pouvant faire se déchaîner les feux de l’enfer, ainsi que d’une épée affûtée, l’héroïne évolue dans une série de zones en deux dimensions rappelant la belle époque des platformers sur console.

Les développeurs semblent d’ailleurs avoir consacré des ressources considérables aux visuels et à la musique, tout deux respectant parfaitement bien l’esthétique rétrofuturiste des années 1980 et 1990. Le rythme est rapide, la conception sonore est solide… mais c’est à peu près tout. L’échec sur Kickstarter semble avoir eu raison de la structure scénaristique: le personnage est condamné à répéter à plusieurs reprises un maigre total de trois niveaux, histoire de débloquer les armes, améliorations… et les niveaux deux et trois. Le tout s’appuie sur l’idée de détruire des ennemis pour augmenter son pointage, un concept relativement éculé aujourd’hui.

Mais le pire aspect du jeu apparaît clairement dès lors que l’on plonge dans le tutoriel: les contrôles sont atroces. La situation s’améliore en branchant une manette, mais si l’on tente le diable en jouant sur un clavier, on est rapidement sur le bord du mal de coeur ou de la migraine. La faille se situe principalement du côté de la gestion de la caméra: combiner les touches directionnelles WASD pour se déplacer et sauter à un viseur géré par la souris, souris qui fait également pivoter le personnage de part et d’autre (comme les touches A et D) est une recette pour un désastre.

La caméra est trop collée sur le personnage, faisant disparaître les plateformes avoisinantes, forçant des sauts dans l’inconnu, et évidemment quantité de chutes et de suicides. En ajoutant à cela une caméra qui gigote dans tous les sens, la nécessité de jongler avec les touches pour réussir les combinaisons permettant de terrasser les ennemis et une arme à feu réclamant trop de précision par rapport au rythme de jeu frénétique, et on obtient quelque chose se rapprochant de l’injouable.

Et c’est dommage! Car tout le reste est bien, voire très bien. Le style visuel est aguicheur, la musique est particulièrement entraînante, et il eut été certainement accrocheur de pouvoir se laisser entraîner dans une aventure rétrofuturiste efficace et explosive.

Faudra-t-il attendre Blood Alloy: Reborn: Reborn?

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme. Hugo est également membre de l'équipe éditoriale de Pieuvre.ca.

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