Festival TransAmériques: une renaissance et un certain chant du cygne

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Ce n’est pas la pandémie qui arrêtera l’art, et pas même les festivals. D’autant plus que la vaccination continue de s’accélérer. Voilà donc le moment idéal, pour les dirigeants du Festival TransAmériques (FTA), de dévoiler la programmation de leur édition 2021. L’occasion, pour l’équipe comme pour les spectateurs, de renouer avec la création artistique jouée ou encore dansée sur les planches. Mais aussi, pour le directeur artistique et codirecteur artistique du festival Martin Faucher, de tirer sa révérence. Rencontre.

Pour ce retour en force, après l’étrange année que fut 2020, le FTA met les petits plats dans les grands. En plus des noms particulièrement connus que sont ceux de Louise Lecavalier et Marie Brassard, notamment, on note la présence de la formation Rhodnie Désir, l’artiste Kate McIntosh, Manuel Roque, ou encore 2Fik!.

« En août 2020, on réinvité tous les spectacles nationaux qui devaient être présentés cette année-là », mentionne M. Faucher au bout du fil. « On voyait qui pouvait ou voulait être représenté. Ensuite, il a fallu voir ce qu’étaient les propositions pour 2021, qui avait des projets à offrir. Il y a eu quand même une offre assez intéressante; j’ai pu, là-dedans, sélectionner des projets qui semblaient s’inscrire dans l’édition 2021. »

« Oui, en ne sachant pas trop les conditions de présentation en mai, et on ne les connaît toujours pas trop, trop… Oui, il y a des spectacles à l’intérieur; on se reposait sur l’expérience de septembre dernier, où les salles ont été ouvertes et ça s’est bien passé… Par contre, en septembre dernier, les spectacles en plein air n’étaient pas permis. Alors, je me suis dit « comment ça va évoluer? ». C’était tellement loin, de penser à mai et juin, que je me suis dit qu’on allait quand même programmer des spectacles à l’extérieur. Donc, pour l’instant, il y a deux propositions qui sont réellement dans l’espace public. Les deux autres sont en extérieur, mais dans un espace clôturé, soit le jardin du Musée d’art contemporain. Donc, il y a plus de chances que ce soit plus simple à présenter. »

Après 15 ans à travailler au sein du FTA, dont 7 à la direction, Martin Faucher reconnaît que la scène culturelle s’est modifiée, au fil du temps. « Dans la pratique artistique, on a constaté l’intégration des nouvelles technologies, dont les écrans. Beaucoup de spectacles font maintenant appel à de la projection pendant les spectacles; c’est quelque chose qui s’est beaucoup accentué », dit-il.

Pour lui, la pratique du théâtre documentaire a aussi largement gagné en popularité, allant jusqu’à parler d’une « croissance phénoménale ». Les spectacles sont davantage créés en collectifs, ajoute-t-il, « ou encore où la hiérarchie des rôles est un peu modifiée, soit sur un mode plus collaboratif ».

Les questions de genre, de diversité et d’appropriation culturelle sont « bien sûr » plus à l’avant-plan depuis 15 ans, poursuit Martin Faucher, qui évoque aussi « les marges, les danses urbaines », ou encore la transposition d’un désir d’avancement social sous la forme d’un spectacle.

Signe des temps, la question de la fin du monde occupe désormais, elle aussi, les esprits des créateurs, comme des spectateurs.

Évolution du contenu, mais aussi de la clientèle

Et le public, lui? M. Faucher évoque une « courbe ascendante » du nombre de spectateurs. « Quand on a pris les rênes pour notre première édition, David Lavoie et moi, en 2015, on avait une offre de 17 000 sièges. L’an passé, en 2020, la pandémie a stoppé tout ça, mais on approchait de 25 000 sièges, avec une prévente exceptionnelle. »

« Donc, poursuit-il, il y a eu une croissance très très forte du public. On a pu rejoindre plus de gens. Bon, cette année, on aura une offre de 5000 sièges, ce qui n’a rien à voir, mais ça, c’est circonstanciel. Je pense qu’on fil des six éditions, je dirais, puisque celle de cette année est tellement différente, on a trouvé une bonne façon de communiquer avec le public, de communiquer la mission du festival, la création contemporaine en théâtre et en danse. »

« Je pense que tout ça a montré qu’on a réussi à dialoguer avec le public, à répondre à des besoins, ou de susciter aussi des envies », affirme encore Martin Faucher, qui se dit aussi « vraiment fier d’avoir bien réussi à communiquer le festival sans le dénaturer, sans promettre ce que nous ne sommes pas, en présentant des spectacles exigeants, mais à la fois aussi faciles à comprendre pour le public ».

M. Faucher se dit également « tout aussi content des moyens techniques que nous avons mis à la disposition des équipes, autant dans les moyens de coproduction, qui ont été augmentés, que les résidences pour artistes. Bref, d’avoir augmenté les moyens de création pour les compagnies ».

La boucle est donc bouclée pour Martin Faucher, qui aura oeuvré au sein du FTA depuis les débuts de l’événement, en 2006. Il laisse maintenant la place à Martine Dennewald et Jessie Mill, qui avaient déjà répondu aux questions de ce journaliste en février dernier.

L’édition 2021 du FTA aura lieu du 26 mai au 12 juin, dans plusieurs salles de spectacle de Montréal, mais aussi à l’extérieur, et en ligne pour certains événements.

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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