Félix, Maude, la fin du monde, et une série mi-amer

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Il y avait le monde, et puis, il n’y a plus eu personne. Soudainement, Félix se retrouve seul et devra apprendre à survivre dans un monde vidé de ses habitants. Et dans Félix, Maude et la fin du monde, une websérie présentée sur Tou.tv, le jeune homme (et ses éventuels comparses) navigueront à vue dans un monde grinçant, mais aussi parfois débordant d’humour noir.

« Nous avions une rencontre avec Trio Orange (une compagnie de production télé, NDLR), et il y avait un intérêt de leur part, et peut-être aussi de Tou.tv, et il était beaucoup question des réseaux sociaux et des jeunes sur leur téléphone, c’était un enjeu qui intéressait beaucoup les diffuseurs. Nous avons parlé que nous avions eu un flash: quelqu’un qui se réveille, le matin, et qui marche dans la rue en rafraîchissant un fil d’actualité sur son téléphone, et rien de neuf n’apparaît », explique au bout du fil Michel Brouillette, l’un des deux créateurs de la série (en compagnie de sa conjointe, Stéphanie Perreault).

C’est d’ailleurs cette scène surréaliste qui survient en début de série, avec un moment qui évoque Shaun of the Dead, lorsque le personnage principal se rend au dépanneur sans se rendre compte que les zombies sont en liberté. Cette fois, pourtant, pas de morts-vivants dans les rues. Il n’y a véritablement personne, en fait, dans la rue.

« Cela faisait beaucoup rire, cela faisait beaucoup réagir en meeting, et c’est de cette idée-là qu’est né tout le projet », mentionne encore M. Brouillette.

« C’était l’occasion de provoquer une occasion d’appuyer sur le bouton reset et de recommencer », renchérit Mme Perreault.

La fin du monde au coeur de la série permettra notamment la rencontre fortuite entre les deux personnages principaux de l’oeuvre, Félix et Maude, qui deviendront des amis, et peut-être quelque chose de plus, mais dont la relation sera aussi complexe que la situation dans laquelle ils se sont retrouvés.

Humour et drame

L’idée d’un monde post-apocalyptique n’est certainement pas nouvelle, que ce soit au Québec ou à l’international. Mais plutôt que de mettre tous leurs oeufs dans le panier des moments dramatiques, les deux créateurs ont plutôt choisi de saupoudrer des moments d’humour ici et là. Un pari risqué, mais qu’ils remportent généralement sans trop de problèmes.

« Nous voulions sortir du cliché américain », explique Stéphanie Perreault, en soulignant que le budget disponible ne permettait pas non plus de tourner une série dramatique similaire à The Walking Dead, par exemple, ou une autre oeuvre du genre. « Pour nous, on dirait que le fait de mettre beaucoup d’humour et de comédie là-dedans s’est naturellement imposé. C’est un style que nous aimons beaucoup, que nous avions beaucoup utilisé en écriture, c’est venu un peu naturellement. »

« Il y a aussi le fait que nous avons des personnages québécois; on a l’impression qu’au Québec, on rit quand même », renchérit Michel Brouillette. « On dirait que le Québécois normal veut toujours désamorcer avec des blagues. Et je me disais qu’en pleine apocalypse, ce serait la même chose; tu ferais des blagues, tu essaierais de t’en sortir. »

Et donc, Félix, Maude et la fin du monde, une série qu’il faut écouter absolument? L’oeuvre a ses hauts et ses bas, avec, justement, un équilibre pas toujours clair entre l’humour et le drame. Oui, le scénario est différent d’une oeuvre « classique » à l’américaine, et c’est tant mieux, et oui, les deux créateurs et scénaristes nous laissent sur tout un mystère, en plus de s’intéresser à certains aspects de l’apocalypse dont il n’est généralement pas fait mention dans les autres oeuvres du genre, mais on sent qu’il manque peut-être un petit quelque chose pour transformer le tout d’une curiosité, que l’on écoute sourire en coin, à une série que l’on suit absolument pour en connaître le dénouement.

À voir si une éventuelle deuxième saison changera la donne.

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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