La Daronne, le film à la petite odeur entêtante

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Il y a de ces films sympathiques qui font passer un bon moment: voilà exactement la catégorie dans laquelle on peut faire entrer La Daronne, un long-métrage de Jean-Paul Salomé mettant en vedette Isabelle Huppert, qui n’a définitivement plus besoin de présentation.

Dans un commissariat de Paris, Patience Portefeux s’ennuie. Non pas que son travail de traductrice judiciaire de l’arabe vers le français ne soit pas important, notamment pour coincer les trafiquants de drogue, mais il est clair qu’elle souhaite passer à autre chose. Avec une mère dont les facultés vont en s’amoindrissant, pourtant, et des factures de soins spécialisés qui ne font qu’augmenter, elle devra se tourner vers le trafic de drogue, justement, pour arrondir ses fins de mois et offrir un peu de décence à sa mère pour ses dernières années.

Sous le nom de La Daronne, sorte de mot d’argot pour parler de la « mère », Portefeux (Hupper) tiendra la police en haleine, y compris son propre service. Elle cherchera aussi à échapper aux « véritables » propriétaires de la drogue qu’elle s’est arrogée après avoir fait dérailler une saisie, le responsable du transport de la cargaison douteuse n’étant nul autre que le fils de l’infirmière qui s’occupe de sa mère dans l’équivalent du CHSLD où elle a été placée.

Film correct, tourné de façon décente, et avec un jeu tout à fait acceptable de la part des principaux interprètes, La Daronne souffre peut-être de certains coins tournés rapidement. Si l’on apprécie la performance de Mme Hupper, on s’explique cependant un peu moins pourquoi tout semble bien fonctionner pour elle. Pourquoi elle réussit à se cacher efficacement de la police, dont l’appareil de surveillance est pourtant étendu, et pourquoi, par exemple, sa voisine particulièrement antipathique deviendra soudainement sa meilleure amie, le temps de l’aider à blanchir de l’argent à coups de dizaines de milliers d’euros.

Sans trop donner de détails sur le scénario, on se demande aussi pourquoi le chauffeur de taxi qui la conduit vers sa toute première vente de drogue ne fera rien pour la dénoncer, ou pourquoi le film semble se terminer en queue de poisson. On aurait aimé un véritable drame, plutôt que cette sorte de comédie dramatique inachevée. Pas que le film soit mauvais, loin de là. Mais force est d’admettre que La Daronne ne demeurera pas dans nos esprits pendant très longtemps.

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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