Code 8: racisme, superpouvoirs et banlieue torontoise

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Dans une réalité quelque peu différente de la nôtre, les rues de Lincoln City, autrefois bâties par des hommes et des femmes munis de (super)Pouvoirs, sont aujourd’hui arpentées par des drones et des policiers robots qui font régner l’ordre, alors que ces mêmes gens possédant des Pouvoirs sont marginalisés et poussés vers la criminalité. Voici Code 8.

Adapté d’un court-métrage du même nom, le film est une réalisation canadienne de Jeff Chan, qui en signe aussi le scénario. Ainsi, « Lincoln City » a des allures de banlieue torontoise, ou même de quartiers de la Ville reine, surtout avec ses enseignes affichant des numéros de téléphone commençant par l’indicatif régional 416.

Qu’à cela ne tienne, le long-métrage de science-fiction emprunte des sentiers relativement battus, avec une analogie assez directe entre le racisme en général et l’oppression, ici, d’une classe de gens « différents ». La série de jeux vidéo Deus Ex avait exploré des territoires similaires dans Mankind Divided et ses affrontements entre personnes « augmentées » et les humains « normaux », et impossible, bien sûr, de ne pas évoquer District 9, l’excellent film de Neill Blomkamp remontant à 2009 (déjà?), où il était question d’apartheid, les extraterrestres ayant remplacé les Noirs en Afrique du Sud.

Ici, on trouve Connor, un jeune homme élevé par sa mère après le décès de son père, il y a de nombreuses années. Toute la famille est dotée de Pouvoirs, et notre personnage principal doit travailler comme journalier sur des chantiers de construction pour joindre les deux bouts. D’autant plus qu’il doit prendre soin de sa mère, atteinte d’un cancer du cerveau et incapable de payer pour ses soins. Voilà donc notre « héros » qui se tournera vers le crime organisé pour obtenir l’argent nécessaire. Ce qui lui fera bien sûr prendre des risques importants et passer près de mourir à plusieurs reprises.

Encore une fois, l’histoire est classique, oui, surtout avec le policier qui veut bien faire et son collègue, tête brûlée, qui veut « casser du mutant », mais on trouve suffisamment de détours et revirements scénaristiques pour véritablement se demander comment tout cela se terminera.

Là où tout cela coince, malheureusement, c’est que le film semble manquer de souffle en bout de piste. Tous les ingrédients sont réunis pour obtenir une finale explosive, mais on se retrouve plutôt avec un pétard mouillé. Une rencontre, par exemple, entre le représentant des grands méchants et le caïd qui a accompagné notre héros pendant une bonne partie du film se termine avec la truculente phrase « Ok ». Ou cet échange entre le personnage principal et ce qui pourrait passer pour son intérêt amoureux qui prend fin avec un fondu au noir, sans que quoi que ce soit de concret se soit déroulé.

Jeff Chan a-t-il manqué d’idées? Quoi qu’il en soit, Code 8 est certainement divertissant. Surtout depuis que la série X-Men est complètement partie en vrille, avec des histoires toujours plus abracadabrantes.


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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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