Feu vert à la relance des journaux de Capitales Médias

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Le Groupe Capitales Médias est mort… vive la Coopérative nationale de l’information indépendante (CN2i)! Dans une annonce transmise jeudi par communiqué, le nouvel organe médiatique affirme avoir complété son financement et pouvoir ainsi reprendre les rênes de l’ancienne entreprise dirigée par Martin Cauchon, après la cession des six quotidiens régionaux par Gesca, maison-mère du quotidien La Presse.

Ce faisant, cette approbation du financement, réalisé avec la collaboration de sept partenaires, permet au nouveau groupe de tourner la page sur une année particulièrement mouvementée. Mis à mal par une rentabilité déficiente, Groupe Capitales Médias avait dû appeler Québec à l’aide, en laissant entendre que tous ses journaux pourraient mettre la clé sous la porte en cas de refus d’intervention du gouvernement. François Legault et ses ministres avaient finalement consenti à une somme de 5 millions de dollars.

Cette aide financière avait déclenché un branle-bas de combat pour trouver une nouvelle structure permettant de sauver les meubles et éviter la disparition d’un pan entier de la presse conventionnelle. En cas de fermeture des journaux du groupe, en effet, la presse quotidienne aurait disparu du Québec, à l’exception de Montréal et de Québec. L’un des deux quotidiens la capitale, Le Soleil, aurait lui aussi dû passer sous le couperet, laissant le champ libre au concurrent Le Journal de Québec, qui appartient à Québecor.

« Le maintien des activités est confirmé aux quotidiens Le Droit à Gatineau et Ottawa, Le Nouvelliste à Trois-Rivières, Le Quotidien au Saguenay−Lac-Saint-Jean, Le Soleil à Québec, La Tribune à Sherbrooke et La Voix de l’Est à Granby », précise le communiqué, après avoir indiqué que « le contrôleur nommé par le Tribunal a déposé l’attestation d’exécution du plan de réorganisation, qui fait en sorte que l’ancien Groupe Capitales Médias (GCM) émerge de ses procédures de restructuration entamées au mois d’août dernier ».

Les actions de GCM avaient d’ailleurs été acquises par la nouvelle coopérative en décembre dernier.

« Au cours des prochaines années, le groupe aura accès à des prêts totalisant 12,3 millions, qui serviront essentiellement à l’accélération du virage numérique. De plus, une somme de près de 3 millions  a été récoltée par les six coopératives de solidarité dans leurs communautés. Pour leur part, les employés investissent 5% de leur salaire dans le projet de rachat collectif. L’octroi des nouveaux crédits d’impôt provincial et fédéral pour la presse écrite complète le montage financier de 21 millions. »

Outre les salariés, qui devront donc débourser pour assurer le financement de l’aventure, les retraités de GCM ont perdu environ le tiers de leurs prestations. Ils avaient d’ailleurs contesté la validité du plan de relance devant les tribunaux, mais avaient ultimement été éconduits.

Investissement Québec, la Caisse d’économie solidaire Desjardins, Desjardins Capital, Fondaction, le Fonds de solidarité FTQ, la Fiducie du Chantier de l’économie sociale et le Réseau d’investissement social du Québec forment ensemble la structure financière qui doit assurer la pérennité de la coopérative.

Il reste cependant à voir si les sommes engagées seront suffisantes. Dans le contexte de transformation numérique qui se poursuit, et d’érosion des revenus au bénéfice des géants du web, impossible de déterminer si un modèle de financement régional peut être trouvé. Pour l’instant, la plupart des médias traditionnels ayant réussi leur transition numérique ont soit imposé des murs payants stricts, soit fait appel à la générosité de leurs lecteurs. Dans les deux cas les plus connus, soit celui du New York Times (et son mur payant) et du Guardian, les lectorats concernés se chiffrent en centaines de millions de personnes, soit bien au-delà du bassin de lecteurs dans lequel les journaux de CN2i peuvent piger.


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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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