L’urgence climatique menace la science elle-même

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Des experts australiens réclament que les institutions d’enseignement supérieur se préparent à « l’effet domino » des changements climatiques sur les travaux de recherche.

Une étude collaborative entre l’Université du Queensland et l’Institut royal de technologie de Melbourne (RMIT) a permis de constater que des événements météorologiques extrêmes comme les feux de broussailles, les épisodes de grêle et les inondations nuisent à la production d’efforts de recherche.

Ainsi, selon le professeur de l’Université du Queensland James Watson, les changements climatiques accroissent les menaces envers les universités qui se spécialisent en recherche.

« Les chercheurs vont devoir adapter leurs travaux à notre climat changeant », soutient-il. « Cela affectera inévitablement les biens physiques nécessaires pour la recherche, que ce soit les bâtiments ou l’équipement, en plus d’avoir un impact sur les procédés et les pratiques, ainsi que sur les groupes humains et les organismes qui seront étudiés. »

« Nos institutions doivent tout de suite commencer à mettre au point des plans liés aux risques climatiques qui s’attaqueront au problème », a-t-il ajouté.

Pour la professeure associée Lauren Richards, du Centre for Urban Research du RMIT, les récents feux de broussailles, qui ont dévasté une bonne partie de la campagne australienne et tué environ un milliard d’animaux, ont été un coup de semonce.

« Le travail, dans le domaine de l’environnement, est l’un des plus à risque et des plus menacés par les impacts climatiques et les transformations biophysiques », a-t-elle déclaré.

« Même les travaux sur le terrain qui sont conçus pour justement étudier de tels événements peuvent constater que le flot des données, les projets de recherche et les ordres du jour peuvent prendre du plomb dans l’aile. »

« De telles interruptions sont particulièrement lourdes de conséquences pour des groupes qui ne peuvent se tourner vers l’étude des environnements post-incendies, ou encore trouver d’autres sites de recherche », a poursuivi la Dre Richards.

Et même les travaux de recherche qui pourraient sembler être mieux protégés, comme à l’intérieur de bâtiments, peuvent eux aussi être interrompus par des événements liés au climat. « Les récentes chutes de grêle à Canberra ont durement affecté la recherche au sein de l’Australia’s Commonwealth Scientific and Industrial Research Organization (CSIRO) en endommageant trois serres et en détruisant plusieurs années de recherche, dont une bonne partie portait sur la durabilité des plantes cultivables et leur résilience », a encore indiqué la Dre Richards.

« Selon le chef des opérations du CSIRO, la plupart de ces projets seront entièrement perdus et le reste aura besoin de plusieurs années pour revenir à leur état normal. »

Au dire du professeur Watson, il est impossible d’étudier les changements climatiques selon la perspective d’un observateur indépendant. « La seule façon dont la situation changera est si les universités et le secteur de la recherche, y compris les agences nationales qui sélectionnent les récipiendaires des bourses de recherche, s’engagent à effectuer des évaluations de la vulnérabilité face aux changements climatiques, et intègrent ces conclusions dans leur processus de prise de décision », dit-il.

L’étude est publiée dans Nature Climate Change.


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Pieuvre.ca

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