« Humaniser » la science pour mieux communiquer

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Alors que les valeurs et les croyances changent avec le temps, les scientifiques ont éprouvé de la difficulté à communiquer efficacement le contenu de leurs travaux auprès du public. Une équipe de chercheurs de l’Université du Missouri et de l’Université du Colorado croit que les scientifiques pourraient gagner la confiance de leur public en montrant leur côté « humain ». Selon la récente étude, cela pourrait être aussi simple que de parler au « je » et de présenter des points de vue à la première personne pour établir une connexion personnelle avec le public.

Ces travaux ont été publiés dans le magazine spécialisé PLOS ONE.

Traditionnellement, les scientifiques n’ont pas toujours tendance à tenir compte de leur public lorsqu’ils partagent les conclusions de leurs travaux, affirme SiSi Hu, un assistant de recherche au sein de la Missouri School of Journalism, et l’un des auteurs de l’étude.

« La plupart du temps, le public comprend ce que le chercheur lui présente, mais chaque personne le comprend de façon distincte », indique M. Hu. « Et donc, il faut qu’il y ait un sentiment de compréhension mutuelle – le scientifique doit faire confiance au public, autant que le public fait confiance au scientifique avec son message. »

Après un examen de la littérature sur la question de la perception de l’authenticité, l’équipe de recherche n’a pas trouvé de mesures appropriés liés aux communications scientifiques. Et donc, en fonction de la littérature existante, ils ont créé une théorie de l’authenticité perçue dans le domaine de la communication scientifique, selon laquelle un scientifique est une personne possédant son propre système de croyances qui va au-delà des affiliations institutionnelles, et leur message reflète ces valeurs.

En fonction de ses travaux, l’équipe de recherche a constaté que si un scientifique partage l’histoire du développement de l’origine de son intérêt envers le sujet selon une perspective narrative à la première personne, sans se fier aux affiliations institutionnelles, le public est davantage porté à le percevoir comme étant authentique. De plus, si un scientifique utilise seulement une narration à la première personne, le public est de nouveau davantage porté à tisser des liens avec ces chercheurs.

« Nous espérons que nos conclusions permettront de mieux guider et de développer des outils qui aideront les scientifiques à améliorer la communication de leurs travaux, d’une façon qui sera également accessible et digne de confiance, aux yeux du public », affirme Lise Saffran, directrice du programme de maîtrise en santé publique à la School of Health Professions de l’Université du Missouri, et la principale auteure de l’étude. « Les gens veulent savoir que la personne qui leur parle est un être humain avec ses propres valeurs et points de vue, et que le message qu’elle transmet reflète ces valeurs. »


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Pieuvre.ca

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