Avoir peur, mais pas trop, avec The Haunting of Hill House

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Dans un coin reculé de la côte est américaine, on trouve Hill House, gigantesques demeure sombre et mystérieuse que les membres survivants de la famille Crain tentent de fuir depuis plus d’une vingtaine d’années. Adaptée du roman du même nom écrit en 1959, The Haunting of Hill House est désormais une production originale de Netflix, disponible en dix épisodes d’une heure, chacun sensé faire frémir d’horreur.

Au début des années 1990, donc, la famille Crain s’installe dans Hill House: cette résidence temporaire, qui devait durer huit semaines, tout au plus, le temps que les parents rénovent et revendent le tout, se transforme rapidement en une odyssée infernale. Les cinq enfants voient des monstres, les parents entendent des voix, et le tout prend fin précipitamment avec la fuite du père et des enfants, à la suite du suicide apparent de la mère.

Près de 30 ans plus tard, Hill House a laissé une trace indélébile sur la famille Crain. Les visions n’ont jamais vraiment pris fin, les survivants se réveillent toujours en sursaut, voire en hurlant la nuit, et l’on sent qu’une véritable présence maléfique a depuis longtemps perverti les esprits.

Si l’horreur a muté depuis une dizaine d’années, avec un penchant marqué pour la violence physique, les mutilations, voire les meurtres sanglants, l’horreur psychologique, elle, a hélas pris du recul. Il est toujours plus facile, après tout, de s’appuyer sur les jumpscares et sur le sang qui giclent, plutôt que de s’astreindre à construire un véritable univers d’épouvante. Bien sûr, The Haunting of Hill House n’est pas la première série à tenter le coup. Il y a eu American Horror Story, ou encore, du côté du grand écran, plusieurs déclinaisons de films de vieilles maisons hantées, à la qualité plus que variable.

Ceci étant dit, The Haunting of House Hill donne dans la subtilité, dans les détails qu’il faut remarquer, plutôt que dans les monstres qui surgissent au détour d’un couloir. On y éprouve quelques frayeurs, certes, mais l’horreur, la peur de l’inconnu se manifeste lorsque nous éteignons la lumière avant de s’endormir, ou lorsqu’un craquement du plancher porte à croire, ne serait-ce qu’un instant, qu’il y a quelqu’un derrière nous.

Avec ses multiples retours en arrière, ses allées et venues entre le passé et le présent, la série réussit à faire planer le mystère pendant la quasi-totalité des 10 épisodes. Peut-être un peu trop longtemps, d’ailleurs, puisqu’au-delà des sursauts et des fantômes qui menacent nos protagonistes, on réclamera des explications à cor et à cri. Explications qui viendront vers la fin de la série, fort heureusement.

Ce qui n’est pas expliqué, toutefois, ce sont les motivations profondes des précédents habitants de la maison, ceux qui tourmentent inlassablement nos protagonistes. Plutôt que de pouvoir ainsi comprendre les « mécaniques » régissant l’existence des fantômes, ou encore ce qui les poussent à être agressifs, par exemple, on a plutôt droit à une tournure mélodramatique où les membres de la famille Crain tenteront de renouer des liens profondément détériorés par 20 années de cauchemars. Une bonne idée pour les amateurs de ce genre de choses, certes, mais une tournure des événements qui pourrait en décevoir plus d’un.

Malgré tout, The Haunting of Hill House se démarque par le soin apporté à la création de cet univers stressant, oppressant, viscéralement effrayant. Un choix idéal en cette fête d’Halloween…

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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