FIFA – Liminality, une œuvre qui investit tous les sens

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Comment décrire Liminality, cette œuvre multidisciplinaire présentée dans la Satosphère, le dôme de la Société des Arts technologiques, dans le cadre du Festival international du film sur l’art (FIFA)? Captivant, unique en son genre, Liminality offre une expérience multisensorielle et quasi spirituelle.

Présenté en première mondiale à Montréal, Liminality est l’œuvre d’une équipe en provenance des quatre coins du globe. Spectacle hybride, il nous offre une prestation de danse contemporaine, de la musique en direct et des enregistrements audio ainsi qu’un film diffusé en mode 360° sur le dôme de la SAT, en plus d’habiles jeux de lumière au sol. Certains des artisans présents à l’intérieur du dôme font même brûler de l’encens. C’est ainsi dire que l’expérience sensorielle s’avère plutôt complète.

Une transition évolutive

En français, « liminality » signifie liminalité. Il s’agirait de la deuxième étape constituant les rituels et rites de passage. Ce terme, du point de vue anthropologique, définirait l’état d’ambiguïté dans la transition entre un état et un autre. Du côté de la psychologie, ce terme est également utilisé pour déterminer ce qui se trouve tout juste au seuil de la perception. Au sortir du spectacle, on a effectivement l’impression d’avoir assisté à une transition mettant en scène un amalgame de cultures et de technologies diverses.

Lorsque les portes se referment sous le dôme de la SAT, une danseuse est d’abord recroquevillée au sol, dans le noir. Seuls des filaments lumineux se meuvent au plancher au son d’un bruit imitant un battement cardiaque. Puis, la danseuse commence à bouger à l’intérieur des bandes lumineuses. Musclée, à la longue chevelure blonde, dynamique et à l’énergie brute, elle fait penser à une Louise Lecavalier dans un décor plus éclaté.

Sur les parois du dôme, diverses présentations filmiques montrent d’abord des scènes issues de la nature, puis au cœur de la ville, de l’Inde en passant par le Pays de Galles. Y est présentée une Inde en pleine transfiguration, se libérant de l’emprise colonialiste du Pays de Galles. Divers danseurs sont donnés à voir sur les murs de la Satosphère tandis que Noble danse en symbiose avec eux, elle-même effectuant une sorte de rituel avec son corps.

Influences tous horizons

Liminality aurait pu ressembler à un fatras d’influences diverses et mal assorties, mais il n’en est rien. Au contraire, tout s’ajuste avec fluidité : les mouvements de Noble, les notes de musique électronique, les effets lumineux et les images déployées sur le dôme, comme un reflet de ce qui se joue dans l’esprit de l’interprète. Rien n’est de trop.

Pour 4 Pi Production, il s’agit de la 4e œuvre immersive mise en place par une équipe dynamique employant des professionnels de tous horizons : Matt Wright (réalisateur/producteur), Janire Najera (réalisatrice/productrice), Kim Noble (chorégraphe/danseuse), Grey Filastine et Nova Ruth (musique), et plusieurs autres acolytes, danseurs, musiciens et artistes qui ont participé à cette création spéciale.

D’une durée très courte (environ 35 minutes), Liminality paraît simple dans sa complexité, mais à n’en pas douter, un travail de maître a été accompli pour la création et la réalisation de cette œuvre hybride.

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Liminality

Société des arts technologiques, 1201 Boul St-Laurent, Montréal

Présenté du mardi au samedi à 19h jusqu’au 31 mars 2018.


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À propos du journaliste

Émilie Plante

Rédactrice web, geek au tempérament artiste, Émilie est une touche-à- tout qui carbure au café et aux activités culturelles. Éternelle étudiante, elle détient un baccalauréat en histoire de l’art, une maîtrise en muséologie, a quelques cours en communication et en gestion derrière la cravate ainsi qu’un doctorat honorifique en « flattage » de chats. Depuis 2009, elle écrit pour des blogues d’entreprises ou des sites traitant de sujets divers (univers geek, communication, féminisme, musique techno, technologies) et est journaliste culturelle depuis plusieurs années. Ses sujets de prédilection sont le cinéma, la danse contemporaine, les arts visuels, la muséologie et… sans doute aussi les chats.

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