The Bomb, ou comment j’ai appris à en avoir peur

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La mort en un instant: un éclair aveuglant, puis le champignon tristement connu d’une explosion titanesque. Disponible sur Netflix, le documentaire The Bomb, qui se rapproche davantage de l’installation artistique que du film conventionnel, offre une perspective froidement sinistre sur une arme dont la puissance et la capacité de destruction sont quelque peu tombées dans l’oubli depuis la fin de la Guerre froide.

Comble de l’ironie, c’est dans la foulée de la guerre de mots entre les présidents nord-coréen et américain que l’on visionne ce film-événement. Alors que le risque d’une guerre nucléaire avait des airs de reliquat de la rivalité entre Washington et Moscou, voilà donc que Pyongyang joue maintenant le rôle du « péril rouge ». Si l’on peut espérer que l’affaire ne tournera pas au drame, ni à la guerre thermonucléaire, l’actualité a certainement le don de nous rappeler qu’il existe, sous nos pieds, dans nos océans, et parfois dans les cieux, suffisamment de matière fissile pour anéantir notre civilisation à plusieurs reprises.

Présenté sans narration, mais seulement avec le son tiré de déclarations de politiciens, ou encore des extraits de capsules informatives du plus fort de la Guerre froide – avec le célèbre duck and cover! -, et avec la musique atmosphérique du groupe The Acid, The Bomb parvient régulièrement à glacer le sang. Pas besoin, en fait, d’experts pour nous expliquer les dangers de la bombe nucléaire. Le danger est connu: l’annihilation immédiate de tous ceux qui se trouvent à proximité du point d’impact. L’énergie d’un soleil déchaînée contre des bases militaires, contre des villes, contre des civils, contre des humains. Et pour les survivants, la perspective d’un hiver nucléaire, de cancers généralisés, de la chute de la civilisation humaine. L’arme nucléaire n’est pas une arme, c’est la fin de toute chose.

Faut-il pour autant vivre dans la terreur des années 1960, 1970 ou encore 1980? Faut-il se creuser un abri dans sa cour, stocker de la nourriture, de l’eau potable, des masques à gaz? Faut-il se préparer à un avenir façon Mad Max?

Probablement pas. Mais en ces temps de tensions internationales, alors que le locataire de la Maison-Blanche étale allègrement sa complète absence de sens de la diplomatie et du fonctionnement complexe et subtil de la politique internationale, The Bomb effectue un excellent travail consistant à nous rappeler que la menace est toujours là. Et que les bombes ne sont d’ailleurs que des outils ou des machines, et qu’en tant que tels, ces armes sont sujettes à des dysfonctionnements et à des accidents.

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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