Séance cinéma – Brendan Fraser et son amour des momies

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Alors que Tom Cruise tient la tête d’affiche dans la plus récente adaptation du mythe de la momie, avec un film aux allures de produit principalement exportable sur les marchés étrangers et au résultat culturel exécrable, cette énième itération de cette histoire de monstre aux bandelettes donne l’occasion de reculer près de 20 ans en arrière, alors qu’une autre vedette, Brendan Fraser, pourchassait le mort-vivant égyptien dans The Mummy et The Mummy Returns.

Ah, The Mummy… le film, sorti en 1999, avait suffisamment bien fonctionné pour non seulement donner naissance à une suite, lancée deux années plus tard, mais aussi à toute une série de longs-métrages plus ou moins étroitement reliés à l’oeuvre originale… et dont la qualité semble avoir très rapidement périclité.

Dans ce film d’action et d’aventure, Rick O’Connell, sorte d’Indiana Jones, mais avec le registre de jeu plus limité de Brendan Fraser, est recruté par un duo d’archéologues étant également frère et soeur pour tenter de retrouver la Cité des morts, ville mythique de l’histoire égyptienne et endroit supposément maudit. On y trouverait de multiples trésors, mais s’y cache aussi la malédiction du pas tout à fait défunt Imhotep, grand prêtre de l’Égypte antique ayant été maudit après avoir séduit la maîtresse du pharaon et ensuite tenté de la ressusciter.

Voilà donc que notre trio d’explorateurs arrive sur les lieux de la Cité des morts après avoir échappé à une attaque menée par un groupe chargé de protéger les reliques maudites d’Imhotep. En compétition avec d’autres explorateurs davantage apparentés à des pillards, tous finissent par devoir fuir à toutes jambes lorsqu’Imhotep est finalement ramené à la vie. Et comme l’on peut s’y attendre, le reste du film consiste à tenter une manière de stopper un méchant de plus en plus puissant.

Le temps a bien fait les choses. Ou les a mal faites, c’est selon. Si les effets spéciaux ont certainement vieilli – imaginez, un instant, de l’animation par ordinateur vieille d’une vingtaine d’années -, ce premier opus de la série ne s’appuie pas trop sur la prestidigitation visuelle pour faire avancer l’histoire. Et côté scénario et solidité des personnages, si l’on déplore l’utilisation du cliché de l’héroïne intelligente mais un peu niaise ayant besoin de l’aventurier de service pour s’en sortir (et la séduire au passage), le film est meilleur que les souvenirs que l’on pouvait en avoir. L’oeuvre est également tout sauf un film pour jeunes enfants. À preuve ces morts souvent particulièrement violentes qui déciment les personnages et autres figurants à grande vitesse. Brûlés à l’acide, dévorés par des scarabées, poignardés,  criblés de balles, vidés de leur force vitale par la momie… On n’a pas le temps de s’amuser dans l’Égypte des années 1920.

Au final, The Mummy est un film de genre plus que passable, voire même agréable. Un bon divertissement, bref, qui s’écoute sans trop d’arrière-pensées.

Les choses se gâtent toutefois dès les premières images de la suite, The Mummy Returns. Déjà, non content de nous ramener Imhotep et son interprète peu charismatique, voilà que les scénaristes ajoutent l’histoire du roi scorpion, joué par Dwayne « The Rock » Johnson, et dont la seule réplique digne de mention dans le film est un beuglement de rustre.

En gros, The Rock a conclu un pacte avec le dieu Anubis, pacte qui donne droit, à celui qui ramènera ledit roi à la vie avant de le terrasser, la possibilité de lancer ladite armée à l’assaut du globe ou de la renvoyer aux enfers. Imhotep tentera donc de s’emparer de l’armée pour conquérir lui-même la planète. Et il en reviendra à Brendan Fraser, sa compagne du premier film et de leur fils (le films se déroule sept ans plus tard que le premier épisode) d’arrêter cette course à la mort.

Cette fois, outre le scénario particulièrement tarabiscoté, le studio a mis le paquet sur les effets spéciaux. Momies, chacals de l’armée d’Anubis, singes pygmées zombifiés, tout y passe. Et tout y passe, surtout, avec cet excès d’animation typique des premières années de ce genre d’effets spéciaux par ordinateur.

Mais le pire dans tout cela, c’est qu’en plus du scénario qui ne tient pas vraiment debout, en plus du jeu des acteurs qui s’est détérioré depuis le film précédent, en plus de l’ajout du personnage du fils des héros, qui oscille entre le jeu potable et l’agacement…  En plus de tout cela, on nous jette à la figure une version abâtardie du personnage du roi Scorpion, en le transformant en une affreuse créateur mi-homme, mi-scorpion, le tout massacré par la technologie du début du siècle. Le résultat ferait pleurer s’il ne faisait pas tant rire.

Autant The Mummy était un divertissement correct, autant The Mummy Returns veut décidément trop en faire et gâche la sauce avec tous ses excès. Restons-en loin, donc, pour éviter d’avoir l’impression de perdre deux heures de notre journée.

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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