L’avenir, version année 1 000 000

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Des robots autant, sinon plus intelligents que l’homme; la possibilité de fusionner homme et machine; des remèdes médicaux pour prolonger la vie de 50, 100, 150 ans… L’avenir réserve bien des surprises, et une nouvelle série documentaire intitulée Year Million, diffusée sur la chaîne National Geographic aux États-Unis, tente d’y voir un peu plus clair.

Cette fameuse année million, une expression plutôt qu’une date véritable, englobe toutes les notions et théories entourant l’avenir lointain, ce futur de l’humanité ô combien fréquemment décrit dans les oeuvres de science-fiction, et dont les premières lueurs commencent à poindre à l’horizon.

Dans les deux épisodes offerts à la presse à des fins de visionnement, Year Million vise gros: rien de moins que la question de l’intelligence artificielle, dans la première partie. Puis, lors du deuxième épisode, l’émission s’attaque à la question de l’immortalité, avec un large détour par les modifications du code génétique.

« Mon collègue Justin Wilkes et moi-même travaillions sur une autre série pour National Geographic, une série appelée Mars, et pendant que nous étions à l’oeuvre sur cette série, nous avons constaté que Mars ne parlait pas d’un futur lointain, mais plutôt des 25 à 30 prochaines années, alors que l’humanité va entreprendre de coloniser la planète rouge, et nous nous disions « Wow, si Mars représente en fait le futur proche, que se passera-t-il dans un futur lointain? » », mentionne en entrevue Dave O’Connor, producteur exécutif de la série Year Million.

« Pour nous, c’est vraiment devenu une quête passionnée pour tenter de comprendre de quelle façon l’humanité et la technologie vont co-évoluer au cours du prochain millénaire. »

Pendant l’écoute de la série, on constate rapidement que le ton est résolument positif, parfois au point de faire sourciller. Ainsi, l’épisode sur l’ascension de la robotique et de l’intelligence artificielle parle certes d’une possible révolte des machines, mais le sujet n’est abordé que pendant quelques minutes. Et même là, ces robots ressemblent à des humains, à la façon des livres et des films de science-fiction, où les androïdes veulent absolument ressembler à leurs créateurs.

Idem à l’épisode suivant, alors que les personnes interrogées s’enthousiasmes à l’idée de procéder à des transformations radicales de la génétique humaine pour éliminer maladies graves, défauts physiques et autres traits de caractères agaçants. On peut se douter que l’intervenante blague lorsqu’elle dit qu’avec des modifications génétiques, belle-maman va cesser de parler trop longtemps au téléphone, mais la série n’évoque étrangement jamais les graves dangers associés au fait de corriger le code génétique des individus pour leur offrir une existence prolongée. Rien sur la discrimination, les limites éthiques, l’eugénisme… pourtant, l’idée de la « race parfaite » ne date certainement pas d’hier!

Pour M. O’Connor, cette approche optimiste s’explique par le fait que Year Million est d’abord une démarche « placée sous le signe de la curiosité », et que « les gens ayant travaillé sur ce projet sont de nature optimiste, et la majorité des personnes interrogées ayant fourni les idées servant de fondations à la série sont des physiciens, des technologues, des auteurs de science-fiction… des gens qui passent beaucoup de temps à tenter d’imaginer ce dont sera fait l’avenir. »

« Cela ne veut pas dire que toutes ces personnes portent des lunettes roses, mais lorsque vous passez beaucoup de temps à penser à ce genre de choses, les perspectives peuvent largement s’assombrir, et les choses peuvent devenir effrayantes – et il faut y réfléchir! Mais nous avons un point de vue optimiste parce qu’il s’agit des idées mises de l’avant par les esprits les plus développés », poursuit-il.

« Personnellement, je crois que ce sera très intéressant pour nous, en tant que société, d’avoir des conversations et des questionnements… L’humanité a la responsabilité de contrôler la technologie et de s’assurer qu’elle fonctionne en notre faveur, plutôt de nous réduire en esclavage. »

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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