Séance de test: le Pixel XL, l’ambition grand format de Google

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Hugo Prévost

Avant même son entrée dans le monde de la téléphonie sans-fil et l’industrie du téléphone intelligent, on prêtait bien des intentions à Google. Et si le géant de la recherche en ligne n’est jamais devenu un fournisseur de service cellulaire, comme l’avançaient certain, cela n’a pas empêché la compagnie de Mountain View de s’inviter dans pratiquement toutes les autres facettes du secteur, y compris la fabrication d’appareils.

On a bien sûr connu la ligne Nexus, des téléphones et des tablettes directement offerts par Google. Et après avoir laissé la place aux autres compagnies dans la gamme de luxe – y compris à son grand concurrent, Apple -, voilà que Google riposte avec le Pixel, bientôt disponible au Canada en version XL à dos bleuté chez Rogers.

Déjà, au premier abord, l’emballage du téléphone est une belle réussite: un design simple, particulièrement épuré, avec un bref manuel d’instructions à l’intérieur, en compagnie de la petite clé métallique servant à ouvrir la fente destinée à recevoir la carte SIM. Ne manque plus que les accessoires, blancs tout comme le reste, et surtout soigneusement rangés dans la boîte en carton ciré épais portant le logo coloré de l’entreprise.

Le téléphone n’échappe pas non plus aux considérations esthétiques: coque arrière métalisée, deux boutons discrets sur le côté droit (alimentation et volume), ainsi qu’une absence totale de boutons physiques sur l’avant de l’appareil; l’heure est à la simplicité.

On a même pensé à ceux qui, comme ce journaliste, se sont accrochés à leurs vieux appareils: l’une des premières options offertes par le système d’exploitation Android consiste à importer les données, applications, messages textes et autres fichiers stockés sur téléphone plus ancien. Pour ce faire, le Pixel est livré avec un adapteur USB femelle standard donnant sur un port USB-C, la nouvelle norme de connectivité. Il suffit alors de brancher le câble de chargement du vieux téléphone dans le nouvel appareil pour effectuer cette mise à jour qui doit normalement éviter de perdre ses données et de devoir retélécharger sa bibliothèque d’applications.

Pas de chance: soit le processus a souffert d’un bogue, soit l’ancien appareil était un peu trop antique au goût du Pixel XL. Si une partie des données ont été transférées, il a fallu télécharger pour plusieurs centaines de mégaoctets d’applications. Vive l’internet sans-fil!

Design et utilisation

Avec son processeur à quatre coeurs Kryo 2×2,15 GHz ou 2×1,6 GHz), ses quatre gigaoctets de mémoire vive et son écran de 5,5 pouces de diagonale affichant une résolution maximale de 1440×2560 pixels, le Pixel XL impressionne. L’appareil est rapide, les couleurs sur l’écran (qui peut en afficher 16 millions) sont vibrantes, le haut-parleur intégré offre une qualité de son intéressante… Bref, on a bien peu à reprocher au Pixel XL dans ces domaines. Google a d’ailleurs refusé de céder aux sirènes d’Apple et a conservé le port 3,5 mm pour écouteurs. Au grand plaisir des mélomanes.

Là où le bât blesse, ironiquement, c’est dans le désir d’offrir l’expérience la plus impressionnante et la plus épurée qui soit. Oui, cette coque arrière métalisée en un seul morceau est bien jolie à regarder, mais le métal brossé a aussi une fâcheuse tendance à glisser des mains lorsque l’on saisit l’appareil ou que l’on s’en sert. Idem pour l’écran de 5,5 pouces de diagonale: s’il est fort agréable de disposer d’un écran faisant pratiquement passer l’appareil pour une phablet, ces hybrides de téléphones et de tablettes, la largeur de l’écran rend pratiquement impossible la manipulation à une seule main. En voulant appuyer sur les touches situées du côté opposé à celui de la main qui tient le téléphone, on peine à rejoindre les touches désirées, manquant de provoquer un nouveau glissement de l’appareil.

Bien entendu. ces problèmes peuvent probablement être réglés par l’achat d’un étui. Mais dans ce cas-là, à quoi bon précommander un appareil en fonction de la couleur de sa coque arrière?

Fondamentalement, le Pixel XL est un excellent téléphone qui offre de solides performances. Bien meilleures, certainement, que le vieux Galaxy S5 de Samsung acheté il y a plusieurs années. On regrettera l’impossibilité de pouvoir ouvrir la bête pour y changer la pile ou pour y insérer une carte mémoire, mais il semble que cette tendance soit devenue la norme pour les téléphones intelligents.

Et que dire de l’assistant vocal? Les capacités de reconnaissance de diverses commandes surprennent par leur ampleur, qu’il s’agisse d’effectuer une recherche en ligne, d’envoyer un courriel ou un SMS, ou même de régler une alarme. Mais les bonnes vieilles habitudes ont la vie dure, et à l’exception d’une utilisation de ces commandes lors de la conduite d’une voiture, par exemple, le bon sens prévaudra et l’utilisateur se rabattra sur ses mains pour effectuer les actions désirées, plutôt que de dicter des ordres à son appareil.

À 349$ en fonction d’un contrat de deux ans chez Rogers, le Pixel XL n’est certainement pas donné. Et encore, il s’agit de la version à 32 gigaoctets d’espace disque. Pour la version 128 gigaoctets, il faut plutôt débourser 479 $. Mais si l’on envisage d’acquérir un appareil à long terme, l’achat peut valoir la peine. Dans le pire des cas, il semble plus qu’intéressant de se rabattre sur le Pixel de base, offert à 199 $ et 329 $ pour les versions de 32 et 128 gigaoctets respectivement. L’écran perd un demi-pouce de diagonale, mais puisque la taille n’est pas toujours synonyme d’efficacité, le plaisir devrait malgré tout être au rendez-vous.

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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