Séance cinéma – The Equalizer, ou quand Denzel joue Denzel

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Hugo Prévost

Il est fort, rapide, rusé. Il travaille dans un magasin-entrepôt d’une chaîne de rénovation. Dans The Equalizer, film sorti en 2014 et adaptant au grand écran la télésérie du même nom diffusée de 1985 à 1989, Denzel Washington joue Robert McCall, un ancien espion devenu employé de l’équivalent bostonien de Réno-Dépôt.

Dans ce film d’action réalisé par Antoine Fuqua, Washington endosse donc les traits d’un homme discret, avec sa routine bien à lui. Il est aimable, serviable, mais également particulièrement réservé. Son seul vice? Se rendre au café du coin, en pleine nuit, pour y lire et boire un thé. C’est aussi là qu’il discute avec Alina / Teri, une jeune prostituée d’Europe de l’Est interprétée par Chloë Grace Moretz. Et c’est justement en raison de ses liens avec la jeune femme qu’il finira par croiser le chemin de ses souteneurs.

Alors qu’Alina finit par craquer et frappe un client qui la violentait, se faisant tabasser à son tour pour finir à l’hôpital, McCall décide de prendre la situation en main. Il s’occupait déjà de régler le cas de certaines petites frappes, mais cette fois, le gibier est de plus grande importance. Il se mettra rapidement la mafia russe de Boston à dos, y compris le « liquidateur » envoyé directement de Russie pour faire le ménage. Ex-Spetsnaz, Nikolaï Itchenko (le néo-zélandais Marton Csokas) a tout du tueur psychopathe, et s’avérera (presque) être l’égal de McCall.

Film d’action pure et dure, The Equalizer s’avère être efficace en son genre. Le sang gicle, la violence est fortement présente sans être excessive, et les affrontements sont satisfaisants. Pour un film écouté sur Netflix lors d’une fin de soirée, difficile de demander mieux, surtout lorsque l’on ne veut pas trop se casser la tête à tenter de comprendre l’intrigue. Le gentil voulait laisser son passé derrière lui, son passé le rattrape parce qu’il voulait protéger la jeune femme en détresse, les méchants sont tués de façon froide et détachée, et voilà. Rien de plus, rien de moins.

Il est un peu rigolo de constater que dans ce film, Denzel Washington joue, hé bien… Denzel Washington. L’acteur a du talent, certes, mais sa tendance à démontrer une absence totale d’émotions, un « jeu d’acteur » qu’il est aussi possible de voir dans Man on Fire, et probablement dans quantité d’autres films d’actions mettant en vedette M. Washington, laisse songeur. En fait, on ressent probablement autant d’émotions à l’écoute de ce film que l’acteur principal en a éprouvé à y jouer. S’il est intéressant de constater que l’on évite certains clichés, entre autres en laissant planer le mystère sur le passé du personnage principal, le combat final au ralenti et plusieurs autres scènes tournées de façon paresseuse représentent la cerise bien terne sur un sundae qui l’est tout autant.

À voir s’il l’on veut absolument regarder un film ne nécessitant pas d’investissement émotionnel, et que Netflix est à portée de souris. Sinon, il y a certainement quelque chose de mieux ailleurs…

Et dire qu’on nous promet une suite pour 2018!

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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