Variété de designs au souk de la SAT

0

René-Maxime Parent

Au rez-de-chaussée et sous le dôme de la Société des arts technologiques (SAT), les designers de tout acabit exposent et vendent leurs dernières créations au Souk @ SAT du 30 novembre au 4 décembre. La graphiste Claudia Gauthier y revient chaque année pour, entre autres, acheter ses cadeaux de Noël.

« Mes amies fabriquent des objets pour pouvoir vendre l’idée, elles ne les produisent pas en série. Ça peut être n’importe quoi : des pots de plantes, des horloges, des miroirs… Les designers industriels font quelques répliques et les vendent. Puis, elles font de beaux photoshoot en espérant que leurs photos fassent le tour du monde, que quelqu’un dise : « Wow ! Je veux ça pour mon hôtel, mon restaurant. J’en veux 100 pour mon magasin, par exemple » », m’explique d’emblée Claudia Gauthier.

Des tapis, des lampes, des photographies décoratives, des vêtements, des bijoux, des jouets, des accessoires de cuisine, des produits alimentaires, bref, le souk comprenait une multitude d’objets pratiques et esthétiques. Certains pourraient y voir le pendant « urbain » du Salon des métiers d’art, d’ailleurs deux ou trois kiosques sont présents aux deux événements. « L’artisanat est fait avec les mains, alors que le design dès que c’est dessiné la pièce peut être usinée » affirme la graphiste reconnaissant que les catégories ne sont pas étanches.

Tous les objets ont l’air précieux. Chaque pièce semble unique ou presque, issue du croisement entre une idée à l’échelle humaine et l’usinage. Mpgmb a fabriqué des pots à plantes avec un matériel industriel mat qui crée un contraste avec la texture lustrée reflétant la lumière et les couleurs vives du végétal.

Au kiosque Les Éditions de Ta Mère, le graphiste-illustrateur a expliqué que d’une part il choisit le lettrage et le papier, et d’autre part il dessine les illustrations des couvertures. Les livres colorés du même format et de la même épaisseur nous renvoient à une conception contemporaine de la littérature : le roman en format poche qui attire l’œil en librairie.

Une designer a arrêté Claudia Gauthier pour lui demander si ce qu’elle portait provenait de la collection d’automne de Betina Lou? La graphiste a répondu par l’affirmative, comme si elle détenait un morceau rare, dont seuls les initiés connaissent la valeur.

Une bague à deux doigts a attiré mon attention par sa forme massive et incongrue. La designer de LLY Atelier a coulé de l’argent dans du corail, nous a-t-elle dit. Le bijou lourd reste à l’étape de prototype.

Objets Mécaniques opte pour la fonction ludique, par de petites pièces de bois en forme d’édifices avec lesquels on peut créer une miniagglomération.

Gentrification

Certains visiteurs étaient préoccupés par les trois boutiques de design qui ont été vandalisées sur la rue Ste-Catherine dans l’arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, dans la nuit du 27 au 28 novembre. « Ils ont lancé une brique dans leur vitrine et tiré des balles de « paintball » sur les meubles scandinaves des années 1950 et 1960, que les propriétaires ont pris le temps de sabler et de remettre à neuf », relate Claudia Gauthier.

Au retour, la graphiste me questionnait sur l’origine de mes vêtements morceau par morceau. Sans lui laisser le temps de tirer une conclusion, j’ai compris son message: je n’encourage pas les créateurs d’ici.

À cet instant, je me suis rappelé l’échange que j’ai déjà eu avec un environnementaliste sur le fait de consommer local… et réduire mon empreinte de carbone.

Partagez

À propos du journaliste

René-Maxime Parent

Rédacteur en chef de la section Société, René-Maxime Parent s’est joint à Pieuvre.ca en 2014. Sa couverture de l’actualité internationale se partage entre l’Amérique latine et la Scandinavie. Son intérêt pour les arts visuels, le cinéma et l’architecture le conduit à parcourir la métropole québécoise régulièrement.

Répondre