Kill Command, le suspense sans la substance

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Hugo Prévost

« Terminator rencontre Predator« ; voilà comment un internaute présentait le film Kill Command dans la section spécialisée en cinéma de l’agrégateur de contenu Reddit. Malheureusement, se comparer à deux classiques du film d’action et de science-fiction ne veut pas dire en être l’égal.

Dans un avenir qui ne semble pas si lointain, les soldats humains sont peu à peu remplacés par des machines. Cette transition vers des combattants robotiques provoque sans surprise la méfiance des « troufions », d’autant plus que pour une mission d’entraînement prévue sur une île éloignée, ils seront accompagnés de Mills, une représentante de l’entreprise responsable de la fabrication de ces robots tueurs, qui possède elle-même une connexion neurale aux réseaux informatiques et probablement plusieurs processeurs implantés dans son cerveau.

Bref, la femme-robot qui doit surveiller les robots armés jusqu’aux dents, le tout dans une forêt à l’aspect sépulcral. De quoi inquiéter le fantassin moyen qui craint pour son boulot, mais aussi pour le côté « humain » de la guerre.

Ce qui devait arriver arriva, et les robots se révèlent non seulement capables de s’adapter aux tactiques humaines, mais aussi bien déterminés à « compléter » leur entraînement en massacrant allègrement les représentants de la race humaine qui se trouvent sur leur chemin.

Pour son premier long-métrage, Steven Gomez endosse les habits de réalisateur, mais aussi de scénariste. Et c’est peut-être là où le bât blesse. Car si Kill Command regorge d’effets spéciaux particulièrement réussis – et surtout très impressionnants pour une production indépendante, le style prend hélas le pas sur la substance, et on en viendra rapidement à attendre que quelque chose se passe.

En effet, disposer de modèles informatiques de robots – tout aussi impressionnants soient-ils – ne vient pas remplacer la nécessité de disposer d’interactions attrayantes entre les personnages. Si Predator avait ses hommes machos jusqu’à l’excès, avec tous ces muscles huilés et son atmosphère pratiquement homo-érotique, si Terminator avait cet amour naissant entre une jeune femme complètement dépassée par les événements et un sauveur venu du futur luttant contre une machine supposément impossible à arrêter, Kill Command reprend les clichés du genre en termes de composition de son équipe de soldats. Il y a le bon gars, celui au regard dur qui cache un coeur tendre, le tireur d’élite avec ses yeux cybernétiques… Gomez ne réinvente pas la roue, d’autant plus que ses acteurs, tous des gens de série B, n’impressionnent pas par la qualité de leur jeu. La faute, peut-être, au scénario trop mince? Une trop grande place semble avoir été ménagée pour les tueurs robotiques, et bien mal pris sera celui qui tente de susciter un sentiment d’appartenance du public envers une machine sans émotions dont le seul but est de chasser ses proies humaines.

Après tout, il a fallu attendre Terminator 2 pour « humaniser » le personnage d’Arnold.

Bref, Kill Command suscite un certain intérêt, surtout lorsqu’on constate qu’au fur et à mesure que les robots tueurs sont perfectionnés par l’entreprise chargée de leur développement et par l’armée, ils adoptent une forme qui se rapproche de celle des humains qu’ils doivent remplacer, mais son scénario et le jeu des acteurs qui y est associé ne suffisent pas à en faire un bon film. L’effort est louable, mais le résultat est inférieur aux attentes.

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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