Se rouler (joyeusement) dans la fange avec Happy Pigs

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Hugo Prévost

Qui n’a jamais voulu troquer la vie citadine contre celle d’un éleveur porcin? Voilà ce que propose Happy Pigs, un jeu de société familial mêlant gestion financière, biologie et stratégie.

Sur l’espace d’une année, de deux à six éleveurs en herbe devront amasser le plus d’argent possible en élevant des cochons, en les nourrissant pour qu’ils grandissent et en les faisant se reproduire. Gare toutefois aux bêtes non vaccinées qui ne survivront pas au passage des différentes saisons.

S’appuyant sur une prémisse ressemblant à une version simplifiée d’Agricola, où les animaux se déclinent en quatre variétés, Happy Pigs se concentre davantage sur la planification stratégique impliquant de tenir compte des actions présumées des autres joueurs installés autour de la table. Car il est non seulement permis d’effectuer un seul type d’action par tour, mais ces mêmes actions (nourrir ses bêtes, les vendre, les faire se reproduire ou aller au marché) devront être réparties entre tous les joueurs ayant opté pour la même option. Le risque étant de se faire couper l’herbe sous le pied et de se retrouver avec de l’argent ou des bêtes en moins. Faut-il se concentrer sur la multiplication des bêtes pour ensuite vendre son cheptel avant le changement de saison? Ou plutôt vacciner ses cochons et viser une stratégie à long terme?

Les variations introduites par les limitations imposées au nombre d’actions de chaque type sont intéressantes. On ne peut malheureusement pas en dire autant de l’effet de saison, soit le terme donné à un impact pour un tour donné (il y a 16 tours dans une partie, soit quatre par saison). Ceux-ci, bien souvent des bonis accordés pour un certain nombre de cochons, par exemple, ou un changement des prix sur le marché, sont hélas trop répétitifs, et leur impact est limité.

Une partie de Happy Pigs est certainement agréable, mais le potentiel de rejouabilité laisse quelque peu à désirer. Peut-être s’agit-il des conséquences d’un petit nombre de joueurs, mais tenter de prévoir les actions de ses adversaires n’est pas aussi excitant dans le jeu que ce que les instructions le laissent entendre. La monotonie des effets de saison nuit aussi à l’intérêt de la chose.

En ce qui concerne la qualité physique du jeu, les pièces en carton verni sont solides et semblent durables, et les instructions sont claires et bien détaillées. Après tout, il s’agit d’un jeu destiné aux 10 ans et plus; rendre les choses complexes irait carrément à l’encontre de la vocation familiale du titre.

Ni un succès retentissant, ni un échec, Happy Pigs pourrait faire office de jeu intermédiaire, un jeu qu’il fait bon ressortir entre deux parties de titres plus complexes.

La copie de ce jeu a été fournie par la boutique Le Valet d’Coeur.

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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