Pandémie, le jeu qui donne la piqûre

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Hugo Prévost

Jeu de société particulièrement marquant des dernières années, Pandémie offre un savant mélange de stratégie, de hasard et de travail d’équipe. À condition de ne pas trop se traîner les pieds et d’avoir la chance de son côté.

La planète est aux prises avec non pas une, mais quatre maladies hautement infectieuses apparaissant un peu partout sur la planète. Il en reviendra à l’équipe des joueurs (de deux à quatre personnes) de se retrousser les manches pour non seulement trouver des remèdes, mais également empêcher que la planète devienne à ce point infectée que cela entraîne la fin de notre civilisation.

Car il ne faut pas se leurrer: Pandémie ne vous aime pas. En fait, le jeu vous voue une hargne sans nom. Le hasard jouant un rôle prépondérant dans le déroulement de la partie, il est aisé de se retrouver coincés par un brassage défavorable des cartes. Villes infectées de départ trop rapprochées les unes des autres et favorisant ainsi les contaminations mutuelles et destructrices, cartes « épidémie » qui pourraient bien se retrouver regroupées dans la pioche dans une sorte de groupement apocalyptique… Les possibilités de défaite sont nombreuses, surtout si les premières parties de test, réalisées à deux joueurs, sont menées en s’imposant involontairement des difficultés supplémentaires. Il en aura résulté une série de défaites cuisantes, y compris l’une d’entre elles après seulement deux tours de jeu.

Mais en suivant convenablement les règles, et avec la chance tournant quelque peu de son côté, il est possible de l’emporter sans trop de tracas. C’est d’ailleurs là que réside l’attrait principal de Pandémie: le chaos offert par le jeu peut s’avérer implacable et créer des situations desquelles il est impossible de s’extirper, certes, mais ce chaos est d’oeuvre humaine. Ce sont en effet les joueurs qui ont brassé les cartes pour créer la situation de départ dans laquelle ils plongeront. Une fois ces cartes brassées, aucun dé ne vient accroître la proportion de hasard. Les joueurs sont livrés à eux-mêmes, et cet appel à l’instinct de débrouillardise explique fort probablement l’engouement spectaculaire dont jouit le jeu.

Sur le plan technique, Pandémie, distribué au Québec par l’entreprise Filosofia, est un jeu de fort belle facture. Les cartes recouvertes d’un vélin, le plateau de jeu, les pions, les cubes représentant les maladies… toutes les composantes semblent être de bonne qualité et laissent augurer un jeu qui ne se dégradera pas avant plusieurs années et de multiples parties. Les règlements, quoique relativement complexes, sont bien expliqués en quelques pages. Et le tout se décline en anglais, bien sûr, mais aussi dans un excellent français dans la version vendue ici.

Plusieurs expansions donnant l’occasion d’augmenter le niveau de difficulté sont également offertes, de même qu’une version legacy. Cette dernière exige des joueurs qu’ils complètent plusieurs parties, les résultats de chacune d’entre elles venant modifier de façon pérenne les conditions des tentatives ultérieures. Il est toutefois conseillé, pour les néophytes, de s’en tenir d’abord à la version de base, quitte à corser les choses par la suite.

Malgré son aspect rébarbatif, Pandémie représente un défi auquel il est agréable de s’attaquer. Même si les virus réussissent souvent à vaincre l’ingéniosité humaine.

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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