Jean-Thomas Jobin: « Quand je te dis passe-moi le beurre, passe-moi pas autre chose! »

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Nathalie Lessard

Dans son troisième spectacle intitulé Apprendre à s’aimer, Jean-Thomas Jobin veut amener son public à réfléchir. Au fil d’anecdotes plus personnelles et de conseils psycho-pop, on le suit dans sa quête de l’amour propre…sur une route trop cahoteuse.

Devant le spectateur se dresse un décor hétéroclite : des moutons en plastique (nommés Mégane, Jean-François, Clothilde et Vincent), des rames de chaloupe, des panneaux bariolés de taches de Rorschach et un faux hibou baptisé Amir Khadir (parce qu’il se fout de tout ce qui se passe à sa droite). L’absurde meuble déjà la scène et on se dit: ça promet. Or, l’humoriste, célèbre pour ses gags absurdes, explore de nouvelles avenues et sort tellement de son personnage habituel qu’il se perd. On ne le reconnaît plus et on s’en ennuie franchement.

Blagues vulgaires et douteuses, jeux de mots juvéniles, chansonnettes simplettes, calembours qui tombent à plat… tous les éléments sont rassemblés pour nous faire décrocher. Mais où est-il l’ami stoïque dont les cabrioles verbales illogiques (mais tellement inventives et efficaces) nous laissaient confondus à tout coup ?

Nerveux et malhabile, il explique ses gags, rate plusieurs chutes, se confond (et reconfond) en excuses, oublie des passages, patauge et cafouille. Défibrillateur, svp!

Quand il nous lit l’échange qu’il a eu avec un de ses détracteurs sur Facebook, ou quand il prodigue ses conseils à la Jean-Marc Chaput en sautant du coq-à-l’âne, on se réjouit: ça y est, il respire, il revient à lui, tout n’est pas perdu. Hélas! Notre sourire s’efface aussi vite quand il s’évade dans un récit pseudo-comique inefficace (et interminable). Mais où est-elle toute la finesse rafraîchissante de son humour ironique et songé ?

Heureusement, les derniers numéros sur les fiches de commentaires qu’il remplit dans les hôtels (très drôle) et le duo de cabaret avec la grotesque (mais attachante) marionnette Ulk qui crie Ra ! (original et tordant) redonnent un peu de vigueur au spectacle décevant. Mais à quinze minutes de la fin, c’est trop peu, trop tard.

Jean-Thomas Jobin présente son spectacle en tournée partout au Québec jusqu’en avril 2017.

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