Plywood, l’art des planches

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Marie Claude Blouin

Cinq gars, cinq filles, trois planches de plywood. C’est tout. Pas de décors grandioses, pas de flafla. Juste l’essentiel. « Juste » des corps. On sent tout de suite que les dix acteurs en ont long à dire et qu’ils ne mettront pas de gants blancs jusqu’aux coudes. D’entrée de jeu, la voix de Jean Charest et une foule qui manifeste. Ça vous rappelle quelque chose?

À l’ère de l’austérité, peu d’artistes ont le luxe de compter sur un budget illimité pour donner vie à leurs idées. Mais est-ce vraiment nécessaire pour créer? La troupe de PLYWOOD, un show sur le rough nous prouve que non. Dix acteurs sur scène en même temps tout le long d’un spectacle, on ne voit pas ça très souvent. Inutile de dire que ça fait beaucoup d’énergie au pied carré! C’est effervescent, c’est riche, ça rentre dedans, ça fait réfléchir. Par moments, on n’a pas assez d’yeux pour tout voir.

Les dix créateurs et interprètes de talent, avec Réal Bossé comme maître d’œuvre, abordent une foule de sujets en 50 tableaux. Le couple. La surconsommation. Les transgenres. La banlieue. Quoi faire de sa vie? Où placer nos vieux? La sexualité des punaises de lit (oui, oui!). Ça aurait pu s’en aller dans toutes les directions et manquer de cohésion, mais c’est loin d’être le cas. Tous ces éléments hétéroclites s’imbriquent parfaitement pour donner un ensemble dynamique et gracieux à la fois. Soulignons la performance physique des acteurs, qui dansent avec ces grosses planches de bois comme si de rien n’était. L’expression du corps et du mouvement y est à son meilleur, ce à quoi on s’attend de la part d’OMNIBUS.

Pas de décors. Pas de flafla. Juste des costumes achetés au Village des Valeurs et trois feuilles de plywood de 4 par 8. C’est tout ce qu’il fallait pour donner un show un brin disjoncté, drôle, intelligent et plein de poésie.

L’art de faire plus avec moins, à voir au théâtre Espace Libre jusqu’au 30 avril.

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Pieuvre.ca

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