Star Wars Rebels saison 2: sons et lumières

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Hugo Prévost

Après le grand nettoyage de l’univers étendu de Star Wars par Disney suite au rachat de Lucasfilm – ou plutôt sa mise à mort pure et simple -, il restait bien peu de contenus « officiels » divergeant des six (et maintenant sept) films. Heureusement, si le nouveau propriétaire a offert un Épisode VII sans grand frisson, la série Star Wars Rebels (Star Wars Rebelles au Québec) prouve que l’on peut innover sans se trouver trop coincés par les barrières existantes.

Les téléséries accolées à l’univers de la Force, de l’Empire et du combat du Bien contre le Mal ont toujours souffert de la nécessité d’un rattachement aux oeuvres existantes. Après tout, à trop vouloir faire différent, on risquerait de perdre les spectateurs. Mais à trop vouloir respecter le matériel original, va-t-on ressortir le refrain du « c’était mieux avant »? Voilà un peu l’ambivalence dans laquelle a évolué la websérie d’animation Clone Wars. Composée de très courts épisodes de trois ou quatre minutes chacun, les deux premières saisons de cette série donnait l’occasion de se concentrer sur « l’essentiel », soit des combats hauts en couleurs et un développement de personnages minimal. Après tout, cette série est sortie en 2003, dans la foulée de l’Épisode II, et il fallait bien combler un vide avant La revanche des Sith.

La troisième et dernière saison, lancée tout de suite avant 2005 et l’Épisode III, offrait des épisodes d’une longueur plus traditionnelle, et présentait (étrangement) de meilleures scènes d’action que l’Épisode III lui-même, surtout avec l’attaque des séparatistes contre Coruscant et le kidnapping de Palpatine.

En 2008, la série fut relancée, d’abord avec un film, puis avec six saisons d’une qualité inégale. Cette fois, l’animation était effectuée par ordinateur, une technique qui sera plus tard reprise pour Rebels. Lente à trouver son rythme, Clone Wars deuxième mouture a offert trois, voire quatre saisons franchement impressionnantes, passant d’une télésérie pour très jeunes enfants à un public adolescent, et même adulte, surtout par la richesse et la complexité de son scénario.

Mais ces guerres des clones devaient quand même se terminer avec L’Épisode III, la chute de la République et l’avènement de l’Empire. Ainsi va la Force…

En 2014, la même année où Clone Wars tirait sa révérence, la chaîne Disney XD lançait donc Rebels, qui se transporte 14 ans après la chronologie de la dernière oeuvre cinématographique de George Lucas. On y découvre Ezra Bridger, un adolescent forcé de vivre de rapines et de petits boulots après la « disparition » de ses parents aux mains de l’Empire. Coincé sur Lothal, une planète peu fréquentée, il y croise la route d’un groupe de mercenaires avec qui il se liera d’amitié. Dans ce groupe circulant à bord du vaisseau Ghost se trouve Kanan, un ancien padawan dont le maître a été tué dans la purge lancée par Anakin Skywalker / Dark Vador. Ezra s’avérera d’ailleurs « sensible » à la Force, et Kanan tâchera de racheter ses propres échecs en devenant son mentor.

La force principale de Rebels est de ne pas se montrer trop ambitieuse: point de combats dantesques, cet univers est plutôt celui d’un petit groupe de mercenaires qui se rapprocheront peu à peu de la Rébellion naissante contre les forces impériales. Au fil des missions, les membres d’équipage du Ghost se frotteront au redoutable agent Kallus, un officier impérial, puis à des inquisiteurs Sith, et enfin… à Vador lui-même.

Il était effectivement impensable de ne pas mettre en vedette des Jedi sans faire intervenir le bras droit de l’Empereur. Mais les créateurs adoptent un point de vue extérieur aux personnages et à l’histoire connus de tout amateur de la série. Tout comme dans le livre Lost Stars, les « acteurs principaux » de Rebels se situent relativement en marge de la trame narrative principale. Et il faudra en fait toute une saison avant que Vador n’apparaisse enfin à l’écran. C’est dire!

Si la saison 1 met les pièces en place pour les suite, c’est véritablement dans la deuxième saison que le tout prend forme. Ezra gagne en puissance, on retrouve avec joie des personnages fréquentés pendant longtemps dans la télésérie Clone Wars, et on sent franchement que le scénario se dirige vers un point culminant et un affrontement titanesque. Point de détails de nature à gâcher le plaisir d’un visionnement, mais la finale en deux partie, diffusée récemment, est fantastique. La preuve, encore une fois, que la télé peut souvent se permettre des largesses inaccessibles aux films. Encore plus lorsqu’il s’agit d’animation…

Bref, Star Wars Rebels est une série franchement réussie, et l’amateur attendra avec impatience une éventuelle troisième saison. Il y a toujours un risque que les scripteurs, forcés de coller aux événements d’Un nouvel espoir, doivent couper court aux célébrations et que Rebels se termine en queue de poisson. Mais pour l’instant, l’enthousiasme règne au pays de la Force.

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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