Salut 2015!, la rétrospective inégale

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Les fins d’années sont toujours propices aux rétrospectives, résumés et événements de toutes sortes tentant de rappeler les événements majeurs des 365 derniers jours, le tout souvent présenté sur un ton humoristique. L’an de grâce 2015 ne fait certainement pas exception, et le Cabaret politique et bouffonneries reprend du collier pour sa neuvième édition avec Salut 2015!

Si le Bye-Bye a bien prouvé une chose depuis ses tout débuts, c’est qu’il est particulièrement difficile de non seulement résumer une année en peu de temps, mais aussi de choisir précisément les sujets et le ton à aborder. Les possibilités humoristiques n’ont certainement pas manqué cette année, et les comédiens du groupe et le metteur en scène Richard Fréchette semblent s’en être donné à coeur joie.

Alors qu’à Radio-Canada, on déplore souvent une cérémonie beige en raison de cette volonté de plaire au plus grand nombre, les spectateurs de Salut 2015! ont eu droit à leur lot de blagues en bas de la ceinture et de commentaires provoquant le rire, mais surtout le malaise. Au-delà de cette audace, toutefois, le cabaret souffre grandement de problèmes de rythme et de contenu. À un point tel, en fait, que la soirée sera partagée entre quelques éclats de rire et des moments où l’on regardera discrètement sa montre, en se demandant quand la soirée se terminera.

En plus de plusieurs gags tombant douloureusement à plat, l’épine dans le pied de cette soirée est l’intention affichée d’aborder le plus grand nombre de sujets possible, de mélanger le tout et d’espérer que le résultat accroche. Ainsi, il ne faut pas s’étonner d’assister, par exemple, à un pot-pourri rassemblant une parodie du Ti-Mé Show, le 30e anniversaire de Retour vers le futur et le mouvement intégriste et extrémiste de l’État islamique. La transformation de Gilles Vigneault, invité du Ti-Mé Show, en Doc Brown fait rire, mais tout le reste est un capharnaüm théâtral dont on peine à comprendre le sens, et encore plus l’utilité. Ce genre de mélange malheureux va hélas se répéter tout au long de la soirée, que ce soit en combinant Gaétan Barette et Éric Salvail, ou encore Mélanie Joly, Justin Trudeau, les Femen et… Anne-Marie Losique (?). À trop vouloir en faire, on s’éparpille, et le spectateur s’ennuie. En fait, il faudra attendre au moins 30 minutes pour vaincre l’envie de prendre la poudre d’escampette à l’entracte.

Cela ne veut néanmoins pas dire que Salut 2015! n’a pas ses bons moments. Les cinq comédiens savent se montrer particulièrement efficaces, surtout Dominic St-Laurent, qui offre entre autres un hommage parfaitement exécuté à Normand L’Amour. Les numéros sur la réforme scolaire, ou encore la comédie musicale Grease adaptée aux manifestants du cégep du Vieux-Montréal et de l’UQAM font eux aussi mouche. Tout comme la parodie de la chanson Hello, où une Lise Thibault anxieuse de reprendre du collier au sein du gouvernement tente désespérément de rejoindre Philippe Couillard.

Salut 2015! a donc ses bons et ses très bons moments. Mais ceux-ci sont noyautés par des gags plus qu’ordinaires, voire des sketchs qui mériteraient le passage d’une boule de broussailles, ou encore les bien connus bruits de criquets. Et ce ne sont pas les rires accentués et les sifflements des proches et des amis de la troupe qui y changeront grand chose.

Salut 2015!, mise en scène de Richard Fréchette, avec Philippe Lemieux, Maryève Alary, Pénélope Jolicoeur, Véronique Pascal, Guillaume Regaudie et Dominic Saint-Laurent. Présenté à La Vitrola jusqu’au 30 décembre.

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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