Trouvez les 5 erreurs de Narcos

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Il y a une dizaine d’années, les détaillants essayaient d’insérer sur leurs étagères les volumineux coffrets des Sopranos, de Six Feet Under et de Queer as Folk. Aujourd’hui, leurs ventes de téléséries surpassent celles de DVDs. Même si Netflix épargne sur les boîtiers, cela n’empêche le diffuseur et producteur de répéter les faussetés par rapport à l’histoire des superproductions.

Pendant la gouvernance des conservateurs, les Canadiens ont eu droit à un révisionnisme qui les ressoudait à l’Empire britannique. Dans cet ordre idées, les coupes dans le domaine de la science suivi d’investissements dans le domaine militaire ont entrainé le pays dans une logique où on peut protéger le nord du territoire face à une invasion russe sans être en mesure de freiner l’inondation de ce même territoire.

Bien avant que les changements climatiques soient à l’ordre du jour, le gouvernement américain a eu recours au révisionnisme à des fins idéologiques dans le contexte de la guerre froide. Par contre, lorsque les étudiants se sont mis à comparer les données de leurs livres d’histoire, ils se sont vite rendu compte que ça ne concordait pas. Les campus se sont transformés en foyers contestataires et certains étudiants ont adhéré au communisme.

L’adaptation à l’écran de récits historiques ne rend-elle pas le révisionnisme inévitable? Le Monde diplomatique du mois de novembre a publié un article sur la figure de Robespierre qu’on a tendance à associer à tous les vices antidémocratiques. On mentionne que le grand cinéaste polonais Andrzej Wajda l’associe au communisme stalinien dans son film Danton (1983), ce qui est biaisé et anachronique.

La marque du gringo

La télésérie Narcos n’échappe pas à ce qu’on pourrait appeler « la sauce hollywoodienne », mais avant qu’on se décide à savoir si on est un spectateur « type sauce » ou « type poulet », le quotidien espagnol El País du 4 décembre 2015 a ajusté le tir en prélevant cinq faussetés qui ne rendent pas hommage au véritable Pablo Escobar.

Le dictateur Augusto Pinochet a mené le narcotrafic à partir du Chili

Il n’existe pas d’indices suffisamment solides permettant de conclure, comme l’affirme Steve Murphy, l’agent de la DEA narrateur de la série, qu’« en 1973 le Chili était en voie de devenir le plus grand centre mondial de transformation et d’exportation de cocaïne ». La série présente le dictateur Augusto Pinochet comme étant le mal incarné, par lequel celui qui veut devenir un grand producteur de drogue doit passer.

L’expert chilien Ibán de Rementería a indiqué dans une recherche sur le sujet que dans les années 1970, il y avait une chaîne de production qui passait par la Bolivie, le Pérou et la Colombie. Le Chili apparaissait à peine dans la catégorie « autres ».

L’ex-chef de la police secrète du régime de Pinochet (DINA), a accusé le dictateur en 2006 de s’être enrichi avec le narcotrafic pendant la dictature (1973- 1990). Le général à la retraite, un des plus fidèles du gouvernement, a assuré que la cocaïne était fabriquée avec un produit chimique qui appartenait au corps militaire qu’il dirigeait.

Dans la série, un des trafiquants qui se sauve de la répression de Pinochet enseigne le commerce de la drogue à Escobar.

Le cartel détenait l’épée du libérateur

La guérilla du M-19 n’a pas offert l’épée de Simón Bolívar à Pablo Escobar. Le groupe d’insurgés a annoncé son existence dans la presse de Bogota des années 1970 avec des annonces mystérieuses: « Parasites…vers? attend M-19 »; « Déclin… manque de mémoire ? attend M-19 ». Le dernier jour de la campagne publicitaire, le groupe a fait irruption dans le musée de Bolívar à Bogota et a volé son épée.

Elle était cachée dans la maison du poète León de Greiff et Luis Vidales, ensuite on l’a apporté à Cuba dans les années 1980 et finalement on l’a remis au gouvernement de Colombie pendant le processus de paix de cette guérilla en 1991.

Le narcotraficant a incendié le Palais de Justice

Tout au long de sa campagne, le M-19 a cherché à commettre des incidents spectaculaires comme la prise de l’ambassade de la République dominicaine, le vol de près de 5000 armes d’un groupe militaire et la prise du Palais de Justice. La série Narcos met en scène un Escobar qui a financé ce dernier assaut afin que les guérilleros brûlent les fichiers sur son compte.

Une commission composée de trois ex-présidents de la Cour Suprême colombienne a validé en 2009 cette version, basée sur les témoignages d’un mercenaire d’un cartel, un chef paramilitaire, une maîtresse d’Escobar (que l’actrice mexicaine Stéphanie Sigman interprète dans la série) et deux ex-guérilleros. La majeure partie des démobilisés du M-19 n’ont pas accepté cette accusation.

La Catedral était un temple du crime

La prison, la Catedral, dans laquelle Escobar était détenu dans les années 1990 a été construite sur son territoire. Dans le lieu, il y avait une baignoire, un lit d’eau, une télévision, un bar, un réfrigérateur et autres commodités. Le parrain y célébrait des fêtes et continuait de diriger son commerce à partir de là. Il existe des rumeurs sur les joueurs étoiles de soccer qui supposément ont joué des parties organisées par le trafiquant sur le terrain du pénitencier.

Le gardien de la sélection colombienne et de l’Atlético Nacional de Medellín (qu’Escobar finançait), René Higuita, est un des seuls qui lui a rendu visite officiellement. Les gardes de la prison avaient été nommés par le cartel.

Deux millions de dollars dans la cheminée

Le narcotrafiquant a brûlé deux millions de dollars pour éviter que sa fille meure de froid lorsqu’il s’enfuyait des autorités et d’un cartel rival en 1993, selon le fils aîné du narcotrafiquant, Juan Pablo Escobar.

La démesure de la fortune qu’a accumulée le criminel colombien a dérivé en d’autres situations incroyables, comme le fait que les rats ont dévoré à peu près 500 millions de dollars et d’autres sommes seraient en train de pourrir dans des abris pas appropriés pour conserver les billets.

À la suite de la mort d’Escobar, les chercheurs de trésors et d’anciens employés ont démantelé ses propriétés à la recherche de l’argent caché.

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À propos du journaliste

René-Maxime Parent

Rédacteur en chef de la section Société, René-Maxime Parent s’est joint à Pieuvre.ca en 2014. Sa couverture de l’actualité internationale se partage entre l’Amérique latine et la Scandinavie. Son intérêt pour les arts visuels, le cinéma et l’architecture le conduit à parcourir la métropole québécoise régulièrement.

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