Rétroctopode – The Last Dynasty, l’aventure spatiale à la sauce Sierra

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Célèbre pour ses jeux d’aventure de l’âge d’or du pointe et clique, Sierra Entertainment aura largement dominé les années 1990 en tant que développeur et éditeur de jeux vidéo de renom. On leur devra entre autres les Leisure Suit Larry et autres King’s Quest, des jeux souvent aussi farfelus que difficiles. 

En créant The Last Dynasty, les gens de chez Sierra ont sans doute voulu laisser de côté leurs séries traditionnelles pour se tourner plutôt vers les étoiles et les aventures spatiales. Pour ce faire, le joueur fait la connaissance de Mel et Dok, deux jeunes adultes embarqués malgré eux dans une guerre galactique. Mel, l’héritier de l’empire des gentils, dispose de la moitié de l' »intégrale connaissance », la somme des savoirs de l’univers. Son frère, qui accueille en son esprit l’autre partie de ce fardeau cérébral, a été capturé puis torturé par Iron, le méchant de service. Mel devra donc, à l’aide de son adresse au tir et son sens de la déduction, venir à bout de la menace qui plane sur tous et chacun.

Construit en deux parties, The Last Dynasty se veut à la fois un simulateur de vol style « arcade » et une section d’exploration. Le joueur alterne ainsi entre les phases de combat spatial et un jeu d’aventure se déroulant à bord d’une station spatiale, et dont les principes seront familiers aux habitués des jeux Sierra. On visite des pièces, on accumule des objets et on résout des énigmes. Cette fois, les créatures fantastiques sont remplacées par des robots et les sentiers des forêts, par de froids corridors sombrement éclairés.

Parlons d’abord des phases de combat dans l’espace: dans l’impossibilité de travailler véritablement en trois dimensions, les concepteurs du jeu ont créé un effet de fausse profondeur et y ont saupoudré des sprites comptant quelques animations pour symboliser les vaisseaux alliés et ennemis. Avec quatre armes à sa disposition, le joueur mitraille tout ce qui bouge en combattant seul les méchants (en rouge, forcément), ou en faisant parfois équipe avec des alliés. Quelques scènes en Full Motion Video (ah, c’était le bon temps!) viennent articuler une histoire strictement linéaire. Oh, il y a bien moyen de modifier l’ordre des missions, mais celles-ci, qui se comptent sur les doigts des deux mains, n’offrent que peu de variété une fois les rares particularités comprises.

La longue mission d’exploration sur la base spatiale est plus simple que quantité d’énigmes dans les jeux de la série King’s Quest, par exemple, mais il faudra certainement soit cumuler les essais et erreurs, soit avoir une bonne mémoire du temps où l’on jouait au jeu en étant enfant, soit encore disposer d’une soluce. Rien n’est foncièrement intuitif, et on se doute que les développeurs avaient décidé de corser les choses pour allonger artificiellement la durée du jeu.

Une fois la base laissée derrière soi, The Last Dynasty voit son niveau de difficulté augmenter de façon conséquente. Il faudra alors faire preuve de plus de prudence et utiliser entre autres la carte tactique pour diriger ses alliés plutôt que de foncer en tirant dans le tas. À moins que le masochisme ne vous stimule l’esprit.

Bref, que retenir de ce titre de 1995? Qu’il est passable, mais sans plus. Si l’on a complété le tout une seule fois (et en deux ou trois heures si l’on a la main heureuse), le jeu sera particulièrement fade par la suite. L’un des seuls avantages de The Lastr Dynasty est en fait qu’il est disponible gratuitement en version française sur le web, puisque l’éditeur Sierra n’est plus de ce monde, et que le jeu a été transformé en abandonware depuis belle lurette. La compatibilité avec la plus récente version de Windows est un beau plus. Sinon, la nostalgie aura encore fait des siennes.

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À propos du journaliste

Hugo Prévost

Cofondateur et rédacteur en chef de Pieuvre.ca, Hugo Prévost se passionne pour le journalisme depuis l'enfance. S'il s'intéresse surtout à la politique, à la science, à la technologie et à la culture, Hugo n'hésite pas non plus à plonger tête première dans les enjeux de société, l'économie ou encore les loisirs et le tourisme.

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